Plein gaz sur le rafraîchissement

Les Cafés Didier Boulet, entreprise artisanale de torréfaction à Blendecques ont créé une boisson rafraîchissante et pétillante à base de café. Une idée originale peaufinée en famille, dans un milieu où l’innovation n’est pas monnaie courante.

Le petit dernier des Cafés Boulet vient de faire son apparition dans la gamme… boissons gazeuses ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’entreprise blendecquoise aux sept salariés, spécialisée depuis 22 ans dans la torréfaction artisanale de cafés venus d’Amérique du Sud et Centrale, d’Éthiopie et du Cameroun, a lancé une nouvelle boisson tout à fait surprenante : le Waka, fruit de quatre années de travail. Didier Boulet, le fondateur explique : « Dans le milieu de la torréfaction, hormis pour ce qui est l’assemblage, il est très difficile de véritablement innover. Il fallait trouver la bonne idée, on s’est alors dit pourquoi pas une boisson rafraîchissante ». Épaulé par Lise et Rémi, respectivement titulaires d’un BTS agroalimentaire et management-commerce, et qui ne sont autres que ses enfants, Didier Boulet a mélangé, testé et proposé à un large panel de consommateurs pas moins de deux cents recettes. Le chiffre n’est pas exact, mais Rémi se plaît à dire qu’il y a eu, à peu de choses près, une recette par semaine… avant d’ajouter : « Dès que nous changions quelque chose, le goût se trouvait modifié. C’était toujours trop ou pas assez sucré, la couleur trop trouble, trop foncée ou trop claire… le but était de se démarquer de la concurrence, il ne s’agissait pas de faire un nouveau cola ». La recette ? Impossible de savoir précisément. De l’eau gazéifiée – le Waka est une boisson plate à la sortie de l’établissement- du sucre, du café (2,5 %), de l’acide citrique, de l’antioxydant, des arômes… Nous n’en saurons sûrement jamais davantage : « On peut déposer un brevet pour une marque, non pour une recette. Le seul moyen pour ne pas la voir copier est de la tenir au secret ».

Unique en son genre
À en croire le concepteur, le Waka est novateur, mais il doit tout de même bien se rapprocher d’un autre produit, présenter des ressemblances. Et bien non. Naturellement riche en caféine, pas très sucrée, finement pétillante et au goût prononcé de café, la belle blonde est unique. Sa couleur rappelle celle d’une boisson houblonnée et se sert de la même manière. La bouteille est singulière, incassable, tout en aluminium brossé, le logo assez tendance (un tribal). Waka n’est pas une boisson énergisante, ne jouant ainsi pas dans la même cour que la boisson flanquée d’un bovin rouge, aussi célèbre que décriée. Il s’agit d’un breuvage stimulant équivalant à une tasse de café, désaltérant, à servir frais, nature, accompagné de sirop ou d’alcool de grains (mais avec modération dans ce cas). Il s’attaque au marché des cafés, hôtels, restaurants, aux discothèques du Nord – Pas-de-Calais, distributeurs de boissons et stations-service, les moyennes et grandes surfaces ne sont pas encore d’actualité. En tout cas, cette petite entreprise audomaroise, présente pour des dégustations et des animations lors de la 71e semaine fédérale internationale de cyclotourisme, affiche déjà des motifs de satisfaction, Didier Boulet en tête. « Mon but premier était de redonner le goût du café aux jeunes, il faut savoir qu’ils en consomment de moins en moins, c’est statistique. Mais à ma grande surprise, la tranche d’âge des 20-30 ans que nous souhaitions toucher s’est quelque peu élargie. Le goût, les fines bulles, et le fait que le Waka ne soit pas trop sucré plaît aux plus anciens, même au-delà de soixante ans ! ».
 

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L'Écho du Pas-de-Calais n°103
Septembre 2009

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