LE FAN néophyte hésite encore entre le che et le ke !
Presque sûr que cet artiste n’est pas vraiment chochotte... Persuadé aussi qu’il ne crache pas sur le scotch ! Le fan regarde à nouveau la pochette du CD, puis la liste des titres au verso...
Et il a enfin sa réponse. Le titre numéro 5 s’appelle Quitter la Flandre. Aucune hésitation, le ke l’emporte. William Schotte est flamand et s’enflamme en évoquant son Westhoek. C’est aussi un fameux auteur-compositeur, qui n’a jamais eu la flemme de mouiller sa chemise pour le violoncelle, les estaminets, la tolérance, l’amour et l’amitié. Après Geel en swart, Au roi du pot je vleesch, Les échos du Westhoek, le nouvel opus de William s’appelle Le grand biscornu.
William et ses deux acolytes - Sonia Rekis (accordéon, piano…) et Éric Navet (vibraphone, batterie…) - nous offrent une tournée de chansons, enivrantes dès la première écoute. Aucune comparaison possible avec la petite bière que nous tirent les télés et les radios à longueur de journée, ces vers qui ne riment à rien, ces airs qui ne s’envolent jamais.
William Schotte est un poète, un peu décalé, un peu déjanté, à la Prévert ou à la post-vert, biscornu quoi. Fabuleuse « Valse à Toto » par exemple : « toi t’est qu’un baba cool qui n’a jamais bossé. À peine sorti du moule on a dû te casser. Premier au hit-parade à l’école des rêveurs. Tes amours sont en rade, tes sirènes sont en fleurs ». Obispo peut aller se recoiffer.
William Schotte est un musicien sensible voire sensitif. Les cordes du violoncelle ou de la mandoline grattent les synthés, les voix se baladent sur une corde légère. Du jamais entendu, quelque part entre le classique, les Beatles, la kermesse, l’easy listening, Kent, les Nits (groupe hollandais que le monde entier devrait connaître). Pas la schottish, ni le ska, du Schotte. Un disque encore nu, la plus belle tenue pour habiller nos âmes.
Ch. Defrance
L'Écho du Pas-de-Calais n°45
Juin 2003
Pas de commentaire, soyez le premier à participer
