Mamie-Boum, dernière ! Coquelles accueille le 28 janvier la pièce de théâtre écrite et mise en scène par Jacques Philipson, directeur artistique du Théâtre de l’envol à Marck-en-Calaisis. Une pièce de boulevard commandée par la Caisse primaire d’assurance maladie de Calais, interprétée par un mix de comédiens professionnels et de personnes âgées formées au métier. Un projet santé théâtre traitant de la prévention des chutes, une aventure humaine d’un peu plus de quatre ans qu’il convient de retracer.

Un incident de parcours bienvenu pour Jacques Philipson. Celui qui est directeur artistique du Théâtre de l’envol, auteur, metteur en scène, ou encore comédien ne pensait certainement pas, lorsque la CPAM de Calais le contacte, qu’il allait vivre une aventure humaine de premier choix. 2005, l’organisme demande à plusieurs compagnies régionales de théâtre de se pencher sur un projet de prévention des chutes chez les personnes âgées. Jacques Philipson relève le défi, et s’installe au foyer pour personnes âgées rue de Toul à Calais au sein duquel il crée un atelier théâtre. La structure devient le quartier général de la troupe, une quinzaine de comédiens en herbe âgés de 60 à 90 ans. À raison d’une séance hebdomadaire, la dynamique se fait rapidement. Jacques Philipson leur inculque les rudiments de la profession : diction, travail de mémoire, occupation de l’espace, travail sur le corps, et l’imaginaire via des ateliers d’écriture, un grand moment de détente et de rencontre. Jacques Philipson ne cache pas son enthousiasme : « J’éprouve beaucoup de plaisir à les rencontrer chaque semaine. Nous prenons le temps de discuter, des liens d’amitié se tissent et la convivialité est omniprésente. Ce sont des personnes encore dans le coup, très dynamiques au sein du foyer, qui se sont littéralement transformées, progressant dans tous les domaines. Ils ne savaient pas qu’ils avaient ce potentiel, et moi je suis épaté ».
Première réussie
Se maquiller, s’habiller, se coiffer, la préparation est minutieuse, rien n’est laissé au hasard pour ce qui s’appellera Mamie-Boum. La pièce de boulevard prend forme avec des personnages pétillants. L’histoire toute simple d’une Mamie victime d’une chute à la boulangerie qui se retrouve coincée chez elle. Trois comédiens professionnels jouent la colonne vertébrale du scénario dans lequel ont été intégrés des messages de prévention. Les comédiens du foyer rue de Toul assurent les inter-scènes, sans prompteur. L’objectif est de créer un échange avec le public et d’inciter les personnes âgées à s’inscrire à l’atelier équilibre mis en place par le CCAS de Calais, le tout avec humour.
La première au théâtre de la cité de la dentelle en octobre 2005 est époustouflante, les critiques excellentes. Yvette (Mamie-Boum), Jocelyne, l’aide à domicile, Édouard, l’éternel amoureux, les copines du club de poésie qui tentent de reprendre contact ressemblent à des personnes que l’on connaît. La pièce est drôle, les messages dispensés, compris et intégrés, c’est un franc succès.
La boucle est bouclée
Il n’aurait dû y avoir qu’une seule représentation. Quatre ans plus tard, la pièce a été jouée dans toutes les villes situées à proximité de Calais, et parfois bien plus loin : Marck-en-Calaisis, Marquise, Guînes, Saint-Omer, Dunkerque… Roubaix, la région parisienne, la Bourgogne. 20 000 spectateurs ont applaudi les comédiens de Mamie-Boum. Jacques Philipson pense aujourd’hui avoir fait le tour. Avec cette dernière à Coquelles, le 28 janvier, la boucle sera bouclée.
Ronchons et mémoire d’anciens
Fort de l’expérience de Mamie-Boum, l’atelier qui s’était constitué pour l’occasion a voulu continuer l’aventure et a demandé un scénario rien que pour lui : juin 2007, Les Ronchons sont nés ! Une pièce destinée aux maisons de retraite et foyers du Calaisis qui évoque les problèmes liés aux nouvelles technologies, la sécurité, l’alimentation.
Un troisième projet voit ensuite le jour, Mémoire d'anciens - la pêche à Islande, des contes et chants marins présentés aux Hemmes de Marck en octobre 2009. Deux pièces qui continuent à être jouées… Le foyer rue de Toul a pris un étrange air de résidence d’artistes.
A. Top, photo DR
L'Écho du Pas-de-Calais n°106
Janvier/Février 2010
Pas de commentaire, soyez le premier à participer
