Ouvrir son cœur, ouvrir ses oreilles, « entendre vibrer les cordes sensibles du monde » et les cordes vocales de quatre artistes, chantres d’un néo-folklore imaginaire. L’association À Petits PAS a la bonne et noble idée d’organiser quelques jours avant Noël – période on ne peut plus symbolique – un concert au profit de l’association Terre d’errance et des bénévoles qui apportent une aide précieuse aux migrants.

Le samedi 19 décembre, à 20 heures, à l’espace culturel de Fruges, Chet Nuneta invitera le public « à partir sur les routes du monde ». Ces routes que suivent aussi, d’une toute autre manière, les migrants… Ils arrivent d’Érythrée, d’Irak, d’Afghanistan ; les chanteuses de Chet Nuneta s’évaderont en Bulgarie, au Cap-Vert, au Mexique… Des chants populaires traditionnels, patrimoniaux simplement visités ou complètement revisités. À Petits PAS s’enorgueillit d’avoir découvert Chet Nuneta bien avant le passage d’un souffle médiatique. C’était au temps des Enchantêtues, leur ancien nom. Aujourd’hui tout le monde parle de ces quatre filles (Valérie, Daphné, Juliette, Lilia) et de ce garçon (le percussionniste) explorant avec conviction les airs, les mélopées du monde entier. Sans mimétisme, sans jamais céder à la facilité, le quatuor et leur percussionniste traversent la planète en unissant leurs différences pour créer un bouleversement universel. Leurs coups de foudre pour des chants, des mots, des langues sont communicatifs : une incroyable « ouverture sur le monde » qui rimera parfaitement avec l’ouverture sur un autre monde prônée par Terre d’errance. « Toutes les questions de frontières, de papiers, du droit des gens à se déplacer nous tiennent énormément à cœur », répètent ces « Enchantêtues » qui sont aussi conteuses, comédiennes, clowns. Traverser la planète en toute liberté, quelle belle aspiration !
Chet Nuneta est l’anagramme d’Enchantêtues… Mais Nuneta signifie aussi grand-mère en italien. Il n’y a pas de hasard sur les routes du monde. Le groupe polyphonique a sorti un premier album « Ailleurs » où l’appellation « world music » prend toute sa dimension. Inutile de rameuter une batterie de machines et de synthétiseurs quand des voix, des souffles, des claquements de langue suffisent à véhiculer l’émotion.
Chr. Defrance
L'Écho du Pas-de-Calais n°105
Nov./décembre 2009
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