Le dernier week-end de novembre est celui de la collecte des produits alimentaires au profit de la Banque alimentaire. Dans les supermarchés, après le pas-sage en caisse, des chariots seront disposés pour recueillir ce que les gens voudront bien y déposer.

Cette collecte est importante car elle compte pour presque un quart dans le volume des produits distribués chaque année par cette association. Le reste vient de l’industrie agroalimentaire, des grandes surfaces et de la communauté européenne.
25 ans d’existence
Les banques alimentaires existent depuis vingt-cinq ans, dans le Pas-de-Calais depuis vingt-deux ans, prenant alors le relais d’un centre alimentaire qui se trouvait à Lens.
Aujourd’hui, il y en a une par département, celle du Pas-de-Calais qui loue deux entrepôts à Harnes, est l’une des plus importantes de France. 2 500 tonnes de nourriture sont distribuées chaque année, chiffre important qu’il faut relativiser puisque cela représente une moyenne d’environ 100 kg par personne. Au contraire d’autres structures caritatives, la Banque alimentaire fonctionne toute l’année. Sa première vocation était d’écouler les surplus alimentaires européens (beurre irlandais, riz italien, etc.) qui ne sont toutefois pas suffisants, loin s’en faut, pour faire face à des besoins sans cesse croissants. Dans le Pas-de-Calais la Banque alimentaire travaille avec une centaine d’associations partenaires qui pour une grande part viennent s’approvisionner à Harnes avant de redistribuer dans leur commune ou leur secteur. Du côté de Calais et Boulogne, l’organisation est un peu différente car il y a là de grosses structures qui ont un dépôt, mais la philosophie est la même.
À la taille d’une entreprise
Association à la taille d’une entreprise, la Banque alimentaire emploie sept personnes et travaille avec une vingtaine de bénévoles fidèles qui s’impliquent au moins une fois par semaine. Et puis il y a tous les autres pour qui les coups de main sont plus ponctuels mais ô combien importants : on ne remplit pas quarante caddies de marchandises en trois jours, comme ce fut le cas l’an dernier à Courrières, lors de la collecte annuelle, sans la participation d’un bénévole. Association à la taille d’une entreprise et se gère comme tel. « Pour fonctionner, explique le président Daniel Flament, il est demandé aux associations partenaires une participation de 5,50 € par personne aidée et par an ». S’y ajoutent la subvention du conseil général de 100 000 € et des dons. En face ces 2 500 tonnes de marchandises. Valeur estimée : 7,5 millions d’euros.
Contraintes sanitaires
Sur le plan sanitaire, les contraintes sont également les mêmes que celles d’une entreprise. Autant les conserves ne posent pas trop de problèmes, autant les produits collectés auprès des centrales d’achats à deux ou trois jours de la date limite de fraîcheur, demandent extrême rigueur et traçabilité. Aussitôt collectés et presque aussitôt redistribués en sachant que dans les entrepôts harnésiens, il y a deux chambres froides qui s’avèrent des plus utiles.
Le rôle joué par la Banque alimentaire est, d’évidence important. Et il évolue : pour le président Flament, il s’agit de plus en plus souvent de donner un coup de pouce au moment où les gens sont dans la panade. Et de jouer aussi un rôle éducatif, en donnant des cours de cuisine pour lutter contre l’obésité et le diabète… Car beaucoup de gens se nourrissent mal.
Philippe Accart
L'Écho du Pas-de-Calais n°105
Nov./décembre 2009
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