« Approche intégrée pour la gestion des ressources marines en Manche » Tout un programme, un projet plus exactement, européen puisqu’il concerne dix-sept partenaires français et anglais, financé comme tel et qui porte un nom des plus aguichant : Charm…

Charm, pour CHannel Integrated Approach for marine Resource Management. Bref, une affaire de spécialistes et de scientifiques réunis autour de l’Ifremer, mais qui nous concerne tous, à commencer par les pêcheurs…
La Manche et le sud de la Mer du Nord sont depuis longtemps l’objet de multiples enjeux : pêche professionnelle, tourisme, extraction de granulats marins, circulation maritime, zones portuaires de premier plan, fret international, éoliennes off-shore, etc. Toutes ces activités souvent antagonistes ne sont pas sans conséquences sur le milieu dans lequel elles s’exercent. Sans une réelle connaissance de la mer et de l’état de ses fonds, des dégats irrémédiables peuvent être causés, mettant en péril les ressources à très court terme. Un exemple : extraire des granulats du fond de la mer, modifie l’habitat, les courants, la profondeur et donc provoque des changements notoires pour les poissons qui y vivent. De même, savoir où sont les frayères permet d’itentifier les zones à préserver et de contribuer à la préservation de la ressource.
Le projet Charm, troisième du nom qui vient d’être lancé, a pour objectif de prendre en considération toutes les activités en question, de leur faire bénéficier d’un conseil scientifique et de nouvelles expertises, pour que toutes puissent continuer à s’exercer en tenant compte des nouvelles donnes économiques et climatiques. Toutes les sciences marines sont concernées (l’océanographie, la biologie marine, la pêche, etc.) et confrontées à la législation, la géographie, aux statistiques, etc. Le programme hyper pointu concerne toute la Manche et le sud de la mer du Nord et intègre tous les travaux qui ont déjà été réalisés depuis trente ans, dans le cadre des programmes Charm 1 et Charm 2. Ce dernier a d’ailleurs permis d’établir un Atlas des habitats des ressources marines de la Manche orientale, téléchargeable sur le site internet de l’Ifremer. C’est technique mais les novices et simples amoureux de la mer y trouveront aussi des informations accessibles.
Chaque année, l’Ifremer organise une campagne dite CGFS (Channel Group Fish Survy) qui est l’unique outil de collecte de données scientifiques au chalut de grand fond, pour les ressources marines vivantes. En adéquation avec la Politique commune des pêches, elle contribue à l’évaluation de l’état de santé pour les principales espèces commerciales de Manche orientale comme la plie, le merlan, la morue ou encore le rouget barbet et fournit des indices d’abondance. La campagne participe également aux recherches en écologie spatiale et s’inscrit dans le projet Charm 3. La dernière campagne a eu lieu du 1er au 31 octobre, au départ de Boulogne-sur-Mer, à bord du navire océanographique Gwen Drez.
Philippe Accart
L'Écho du Pas-de-Calais n°105
Nov./décembre 2009
Pas de commentaire, soyez le premier à participer
