La sixième génération ! Représentée par Sarah et Alicia. Depuis 1875, il y a des Milamon sur le plateau des Bruyères à Longuenesse. C’est aujourd’hui Stéphane qui occupe la ferme bâtie par Auguste. Un endroit pas tout à fait comme les autres… Juste en face de l’aérodrome. À deux pas de l’hippodrome. Et des tonnes de petites histoires qui suscitent des vocations… Ainsi, « depuis qu’il est tout petit », Stéphane collectionne photos, cartes postales, tout ce qui concerne le passé de Longuenesse. Des classeurs au bouquin, il y avait tout de même un fossé, sauté à pieds joints en deux ans !

En 2007, Stéphane Milamon, cheminot de 37 ans, poussé par ses proches, a regroupé les documents les plus intéressants, les plus significatifs, les inédits ; ravi de recevoir la « bénédiction » de Jules Joly qui avait publié en 1986 un opuscule sur l’histoire de Longuenesse ; ravi de compter sur « le petit coup de pouce » de l’abbaye de Wisques qui lui a confié les notes du père Flahaut. Son ordinateur plein à craquer, Stéphane s’est lancé sans aucune hésitation dans la mise en page. Il a découpé ses travaux en six chapitres : les généralités, le plateau des Bruyères, les deux guerres, les fermes, les châteaux, les cafés et les chapelles. Avec la volonté de toucher tous les publics en donnant la priorité aux illustrations. Ainsi, la partie consacrée au plateau est particulièrement réussie. Les Bruyères servirent longtemps de terrains de manœuvres, avec buttes de tir, pour les troupes cantonnées à Saint-Omer. Le premier meeting aérien eut lieu les 6, 7 et 8 août 1910 avec quatre aviateurs de l’Aéro-Club de France : Élie Mollien, Henri Jullerot, Ernest Paul et René Thomas. Mollien contourna alors les tours de Notre-Dame de Saint-Omer avec son « Blériot ».
Durant la Grande Guerre, l’aérodrome des Bruyères devint le plus grand terrain d’aviation britannique de France avec 4 300 hommes. Occupé par les Allemands de 1940 à 1944… la famille Milamon devant quitter la ferme sans rien emporter ! Rendu à l’aviation civile, l’aérodrome dispose aujourd’hui de deux pistes, une revêtue et une en herbe.
Quand le manuscrit fut prêt, Stéphane démarra la « course à l’imprimeur », fort du soutien de la municipalité de Longuenesse qui s’était engagée à acheter la moitié des cinq cents exemplaires. Histoire de Longuenesse - 116 pages - est sorti en juin 2009 et rencontre un vrai succès qui étonne l’auteur. De nouvelles trouvailles ont rejoint les classeurs. Dans l’ordinateur, « une version complétée » pourrait servir à un éventuel retirage… sous la houlette de la sixième génération ?
Christian Defrance
L'Écho du Pas-de-Calais n°103
Septembre 2009
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