Des maires remontés ! Réunis début octobre dans la salle des fêtes de Saint-Martin-au-Laërt, au mitan du marais audomarois, les premiers magistrats du Pas-de-Calais n’ont eu peur ni de Marie Groette ni du préfet pour dénoncer haut et fort « la casse des services publics, des réformes qui arrivent brutalement sur la table sans concertation… » L’État ne veut plus être une mère pour les collectivités territoriales, alors les maires se retrouvent dans un sale état. « Ils étaient remontés et je n’avais jamais vu ça », confirme Joël Duquénoy, qui connaît l’association des maires du Pas-de-Calais sur le bout de l’écharpe.
Il la préside depuis novembre 2004 (mandat renouvelé cette année) après en avoir été le directeur durant quatorze ans. « Le maire a changé, dit-il. Il est maintenant un généraliste, un responsable, un animateur. Avec une réunion par jour ! » Qu’il soit des villes ou des champs, le maire reste le chouchou de la population, « et toujours celui vers qui on se tourne en cas de coup dur », ajoute le maire d’Arques qui se balade toujours avec ses « petites fiches dans la poche ». Généraliste confronté à des réglementations, des décisions de plus en plus complexes, « et c’est valable pour tout le monde, de Guinecourt avec ses 15 habitants, à Calais et ses 77 000 âmes ». Si l’intercommunalité prend de l’ampleur, Joël Duquénoy est convaincu que la commune « restera indispensable pour le lien social, l’animation ». L’État aurait donc tout intérêt à tendre l’oreille quand ces élus grognent.
Maires et retraités
L’association des maires de France et ses branches départementales sont là pour veiller « au partenariat loyal mais exigeant avec l’État ». L’association des maires du Pas-de-Calais est née en 1947. Aujourd’hui, sur les 895 communes du département, « il n’en manque que deux ou trois parmi nos adhérentes ». Sans oublier la trentaine d’EPCI - Établissements publics de coopération intercommunale. L’association tient à son pluralisme : si le président est de gauche - c’est le cas du maire d’Arques -, le secrétaire général est de droite : Jean-Paul Delevoye (maire de Bapaume, ancien président de l’Association des maires de France) depuis le récent renouvellement. Elle tient également à « une solidarité historique entre le rural et l’urbain ». Elle apporte des conseils, des informations, une « meilleure lisibilité » quand il s’agit de décortiquer les documents administratifs. Et une grosse part de convivialité. « Nous sommes la seule association départementale de France à payer à toutes les communes l’abonnement à la revue Maires de France » se réjouit J. Duquénoy. Mensuel dont le numéro de novembre brosse le portrait du maire issu des élections municipales de mars 2008 : 40, 3 % de nouveaux maires en France, 35, 6 % pour le Pas-de-Calais. 56 ans et 10 mois est l’âge moyen des maires français… Pas-de-Calais ? « On n’a pas le temps de calculer » sourit le président d’une association qui ne compte que deux salariées. 13,9 % de femmes maires en France, et « seulement » 9,61 % dans le Pas-de-Calais. Dans notre département, comme dans le reste de l’hexagone, les retraités forment le « gros bataillon » des maires. Un bataillon capable de monter en « première ligne » comme ce fut le cas à Saint-Martin-au-Laërt.
Chr. Defrance
L'Écho du Pas-de-Calais n°97
Décembre 2008
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