Depuis 2004, la Générale d’Imaginaire œuvre pour la promotion de l’art du slam – ou spoken word – dans le Nord - Pas-de-Calais et les régions périphériques. Ces passionnés de poésie et de littérature orales pensent détenir là une arme permettant de réconcilier les jeunes en rupture scolaire avec la culture. Pour ce faire, ils mettent en place un peu partout dans la région des ateliers d’écriture et de déclamation, mais aussi des formations spécifiques pour éducateurs et médiateurs culturels, et convient régulièrement le public à découvrir leur art sur scène au cours de slam sessions.
Le slam est une forme populaire de poésie orale apparue au milieu des années quatre-vingt aux États-Unis. Depuis les années 2000, il conquiert peu à peu le grand public français grâce à des artistes comme Grand Corps Malade ou Abd al Malik. Cette nouvelle exposition médiatique ne saurait faire oublier que le slam est avant tout un mode d’expression fondamentalement démocratique. Son but principal est de rendre la parole à tous et de donner accès à la poésie et à la culture à ceux qui en étaient exclus. Il se pratique sur scène lors de sessions publiques – souvent gratuites – où tout un chacun peut s’inscrire et prendre librement la parole pendant trois minutes. La performance, toujours a capella, revêt aussi bien la forme d’un rap parlé que d’une déclamation poétique plus traditionnelle, voire celle d’un sketch ou d’un conte.
Créée à Lille par Stéphane Gornikowski, la Générale d’Imaginaire s’est depuis associé le concours de trois autres artistes : le poète Julien Delmaire, le rappeur Karim Feddal et depuis peu l’écrivain Thomas Suel, chargé de propager l’activité dans le Pas-de-Calais. Pour développer la scène slam dans la région, l’association a principalement recours aux spectacles et aux médiations culturelles. Des ateliers et des stages d’écriture ont ainsi vu le jour dans les centres animation jeunesse, les centres d’animation culturelle, les écoles et les médiathèques du bassin minier et de l’Artois. « Ce sont les collectivités qui nous appellent. On se sert du slam comme d’un cheval de Troie dans les quartiers pour réconcilier les jeunes et la culture, explique Thomas Suel. C’est une petite révolution : des enfants qui ont d’habitude une attitude de consommateur passif et de zappeur téléphage comprennent vite qu’ils ont aussi des choses à dire. » La Compagnie collabore notamment avec L’Escapade d’Hénin-Beaumont, qui programme une restitution publique avec les jeunes stagiaires le 15 juin prochain.
Fin avril, le festival « Slam pour tous ! », en collaboration avec les associations Colères du Présent et Culture Commune, sera l’occasion pour tous les curieux de découvrir un peu mieux le slam. Au programme, une soirée « Slam et cinéma » au cinéma Les Étoiles à Bruay-la-Buissière (24/04) ; une journée départementale du slam avec un atelier découverte pour les professionnels de l’animation au centre social Chanteclair à Saint-Nicolas-lez-Arras (25/04) ; une soirée slam créole au café Tartous et Compagnie à Monchy-Breton (26/04) et de multiples interventions lors du Salon du livre de Colères du Présent à l’Office culturel d’Arras le 1er mai.
La Générale d’Imaginaire a d’autres projets pour le Pas-de-Calais cette année. Une résidence d’artistes en Artois-Comm. Débouchera sur une création au Théâtre de Poche de Béthune le 17 octobre, et des sessions de formation des professionnels de la culture doivent avoir lieu dans les antennes de la médiathèque départementale à Wimereux, Lillers et Dainville.
Arnaud Verkindere
Photo : Mamz’L Ka / Association C.L.I.C.
L'Écho du Pas-de-Calais n°92
Avril/Mai 2008
Sophie
17/04/2008 23:08:59
Merci pour cet article dont je propose la lecture sur mon blog, avec vos références évidemment.