IL est né en 1942 au pied des deux grands terrils de Loos-en-Gohelle. Il a passé une partie de son enfance au Maroc, son père travaillant dans les mines de plomb, au pied du Djebel Ayachi ! « J’aimerais en parler à Samira » avoue Alain Debray, lui aussi citoyen de Méricourt. Parler du Maroc et d’une histoire familiale qui ne le quitte plus. Histoire… digne des plus belles pages des romanciers d’ici, de là-bas, de partout.
Une série de cartes postales et de lettres envoyées durant la Grande Guerre par un grand-oncle (mineur à Grenay) à sa famille, réfugiée à Molliens-au-Bois dans la Somme. Correspondance léguée il y a une trentaine d’années par des grands-tantes très conservatrices et à partir de laquelle Alain a reconstitué l’an dernier le parcours de ce Poilu. « J’avais eu tort de ne pas lire le verso de ces cartes postales… » « Il va verser une larme », confie alors son épouse. Qui ne la verserait pas en lisant ces lignes : « Je suis bien peiné devoir vous apprendre que j’ai trouvé votre fils le 19 – juillet 1918 – et je l’ai inhumé… Vous trouverez facilement l’emplacement… » Un plan précis accompagnait la lettre envoyée par un brancardier appelé Léon Lambert. Alain Debray a passé des heures – Internet lui fut d’un grand secours – à recoller les morceaux, effectuer les recoupements et établir le carnet de route d’Ernest Fournier, incorporé à 19 ans le 7 janvier 1916, courageux cycliste du 273e RI qui écrivait « je suis encore sorti de la fournaise », tué le 16 ou le 17 juillet 1918 par un éclat d’obus lors de la deuxième bataille de la Marne à Dormans. « En octobre 1919, son frère est allé près de la ferme de la Bourdonnerie, raconte Alain. Il a facilement retrouvé l’emplacement. Il a gratté un peu et aperçu des cheveux roux. C’était Ernest ». Alain Debray a livré ces détails au Mémorial des Batailles de la Marne où il ira le 6 juillet prochain. Pour se recueillir sur la tombe numéro 474. Et sur celle de Charles Fruchart, de Nœux-les-Mines, inhumé lui aussi par le brancardier Lambert, dans le même bois. Deux jeunes Poilus qui rêvaient d’une autre vie.
Chr. Defrance
L'Écho du Pas-de-Calais n°92
Avril/Mai 2008
chantal
10/03/2010 16:06:07
Entre amis on se fait parvenir de temps en temps des mails, et celui concernant la mine de Méricourt vient de me parvenir; en allant sur le net j'ai cherché qui était le Alain Debray qui l'avait créé ; je dois vous dire tout d'abord que ce mail nous a beaucoup ému et que je le fais suivre autour de moi. Je pense que c'est vous qui l'avez écrit et je vous en remerçie, je ne connaissais pas cette terrible histoire mais ainsi nous avons eu une pensée pour tous ces gens disparus d'une façon aussi tragique. Merçi.