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Enfance handicapée

les Instituts médico-éducatifs

Dans le Pas-de-Calais, le nombre d’établissements qui accueillent des enfants handicapés est supérieur à la moyenne nationale. Pourtant, tous sont pleins à craquer. On aurait pu s’attendre à une baisse des effectifs dans la mesure où les dépistages et les prises en charge sont de plus en plus précoces… mais non. Inexorablement, les listes d’attente s’allongent. Aujourd’hui, 3 656 enfants et adolescents (pour 3 454 places) se répartissent dans près de 75 établissements.

Handicap. Le mot, d’origine anglaise, signifie la main dans le chapeau – duquel on tire un numéro. Handicap. C’est aussi le poids que supportent certains chevaux lors d’une course. Quelle qu’elle soit l’image est évocatrice. Longtemps, devant ce coup du sort ou devant cette trop lourde charge, les parents d’enfants porteurs de handicap ont baissé les bras. Aujourd’hui, ils se battent avec les professionnels à leur domicile ou dans des établissements spécialisés. Les Instituts médico-éducatifs accueillent les gamins en principe de 6 à 20 ans. Depuis peu sont réunis sous la bannière IME : les IMP (Instituts médico-pédagogiques) et les IMPro (Instituts médico-professionnels). Les professionnels des IME interviennent au domicile des enfants ou alors les reçoivent dans l’établissement en vacations, en semi-internat ou en internat. Dans le département, trois structures gèrent les IME, il s’agit de l’Association de parents et amis de personnes handicapées mentales « Les papillons blancs » ; La vie active ; et l’Établissement public départemental chargé de l’accueil de l’enfance et de l’adolescence handicapées. Chacune a ses spécificités et ses propres compétences mais toutes sont accessibles aux enfants sur décision d’une commission et toutes sont financées par l’assurance maladie sous forme de prix de journée ou de dotation globale.

Les IME en phase d’enjeux
Marc Crunelle, chargé du secteur social et du secteur handicap à la Ddass est passionné. « Cela fait trente ans que je m’occupe du handicap ! » Il a sur les IME un regard instruit. « Ils sont en phase d’enjeux assez importants », confie-t-il. La Loi du 2 février 2005 affirme en effet que l’école dite ordinaire doit accepter les enfants dotés de handicap si les parents l’exigent. Naturellement, beaucoup le souhaitent souvent car ils ont envie de voir leur enfant traverser une scolarité traditionnelle. Ils désirent le voir apprendre à lire et à écrire. « Mais ce n’est plus de l’intégration, pose M. Crunelle, c’est une scolarisation, et nombre de jeunes, incapables de la suivre, sont en échec. » En terme d’efficacité scolaire, les IME ont des atouts irremplaçables : non seulement l’Éducation nationale et ses enseignants sont bien présents au sein des établissements, mais les plateaux techniques (psychologues, éducateurs, orthophonistes…) permettent une vision globale de la prise en charge de l’enfant. En outre, depuis longtemps, les IME investissent l’école dite ordinaire sous forme de Clis (classes d’intégration scolaire)…
Enfin, dans l’état actuel des choses, il est impossible aux écoles de recevoir les enfants dotés de handicap très lourd ou de troubles du comportement. Alors, les IME en danger ? Sûrement pas ! Restent les soucis actuels rencontrés par les établissements à travers le département : la difficulté à recruter du personnel médical et paramédical. Certes la pénurie en la matière est générale mais elle est particulièrement difficile à vivre quand on évoque le handicap…

Alors que le département est globalement plus équipé que le Nord ou la France en lieux d’accueil de personnes handicapées, il manque encore d’internats en IME. L’insuffisance est liée à l’histoire. La politique de l’aide sociale à l’enfance a longtemps préféré donner la priorité aux familles d’accueil. S’agissant de handicap moteur, le département est considéré « terre d’accueil » mais manque cruellement de places pour les polyhandicapés très lourds, les enfants atteints d’autisme, et ceux qui présentent des troubles du comportement. >

Béthune
Les IME à Labanque
Artois Comm., la communauté d’agglomération de l’Artois, a signé depuis bientôt trois ans une « Charte handicap » avec une dizaine d’associations du secteur, représentant le champ du handicap. Objectif : promouvoir l’intégration dans la cité de toutes les personnes handicapées en améliorant leur autonomie, en prenant des mesures concrètes dans moult domaines de la vie quotidienne, dont l’accès à la culture. La Pomme à tout faire, association qui gère Lab-Labanque est un des partenaires. Ce centre de production et de diffusion des arts visuels poursuit et amplifie le travail déjà réalisé dans le Béthunois. Notamment dans la possibilité qu’a chacun désormais de se confronter à des propositions artistiques. Le public handicapé est évidemment concerné. « Nous recevons régulièrement les IME » explique Fabienne Moison, responsable du pôle médiation. Lab-Labanque s’est même doté d’un consultant en insertion handicap, Patrice Leroy. Ce jour-là, les enfants de l’IME de Beuvry, mêlés aux mômes d’une classe de Grenay, découvraient la technique du son avec un compositeur, Christophe Hanson, et un musicien et artiste plasticien, David Bausseron. À l’étage, ils fabriquaient du son ; au rez-de-chaussée, ils en captaient. Au même titre que la photo, la peinture, la vidéo… le son fait partie des œuvres plastiques d’aujourd’hui. Il est peut-être plus que d’autres champs, accessible à tous, notamment aux enfants porteurs de handicap. C’est la raison peut-être du succès de l’atelier sonore de l’association qui voit certains établissements revenir régulièrement depuis trois ans.
Accès, visites et ateliers gratuits
44 place Clemenceau – 62400 Béthune
Tél. 03 21 63 04 70

Isbergues
La Petite Montagne
En janvier 2010 à Berguette, la commune associée d’Isbergues, s’installera l’IME « La petite Montagne ». Née d’une fusion de deux structures, l’IME « Les petits princes » (Isbergues) qui reçoit aujourd’hui quarante-cinq enfants et adolescents présentant une déficience intellectuelle et l’IME « Arc en Ciel » (Aire-sur-la-Lys) qui héberge une trentaine de jeunes souffrant d’un polyhandicap, « La Petite Montagne » sera le seul établissement du Pas-de-Calais mêlant des populations différentes. L’idée de cette nouvelle bâtisse est ancienne. Elle est née de la volonté de l’Établissement public départemental chargé de l’accueil de l’enfance et de l’adolescence handicapées qui rénove ou reconstruit actuellement ses locaux. Elle s’est réalisée tout naturellement sur un terrain d’Isbergues qui a depuis toujours la volonté d’aider le monde du handicap. Le chantier devrait commencer en juin prochain. Il élèvera un équipement original, où les différents publics se croiseront à l’occasion, où parfois, certaines activités seront communes. « Il faudra de la cohésion, avance la directrice, Pascale Van Compernol. Les professionnels, une quarantaine au total, devront se rencontrer. Nous aurons à mettre en place un nouveau projet d’établissement. »>
Hénin-beaumont
Au pays des Bouviers
L’IME « Les Bouviers » est une véritable institution dans le quartier. L’établissement existe depuis 31 ans ! Depuis sa création, il n’a cessé de se développer. Il a fusionné récemment avec l’IME de Courrières et admet au total sur les deux sites 198 jeunes qui présentent une déficience intellectuelle moyenne, 18 enfants atteints d’autisme (bientôt 24), et fonctionne à l’année avec 150 professionnels. À ses côtés, s’élève actuellement un bâtiment tout neuf qui permettra de mieux accueillir les enfants, de mieux travailler… mais sûrement pas de mieux s’isoler. Le directeur Patrick Brunet a un leitmotiv : il faut confronter les jeunes à la vraie vie !

« Petit à petit, ça vient bon ! » Patrick Brunet se félicite de l’ouverture d’esprit de nombre d’entreprises locales. Leur volonté d’accueillir les jeunes de l’IME pour des stages d’insertion professionnelle permet de rompre l’inéluctable filière vers le CAT. Certes, « ça reste à défricher » et il faut toujours remotiver « la capacité d’écoute et d’accueil du monde ordinaire… mais quand les gens veulent bien prendre les jeunes à l’essai, ils se rendent compte qu’au-delà des premières difficultés, les adolescents sont capables de tenir des postes de travail avec un rendement acceptable ». Instituteur de formation, depuis toujours attiré par le monde du handicap, le responsable de l’établissement n’a de cesse de diriger les enfants de l’IME vers le monde extérieur. « Nous devons éviter les erreurs passées. Nous avons été trop protecteurs. Aujourd’hui, il faut confronter les jeunes à la vraie vie et ne pas faire à leur place. » Ainsi, des adolescents de l’IME se forment chez un artisan du secteur, ils sont inscrits en ville dans un club de foot ou d’arts plastiques ou logent en ville dans une maison ou des appartements thérapeutiques. Certains se déplacent par leurs propres moyens et même si « le monde ordinaire n’est pas toujours accueillant » la volonté d’ouverture ne faiblit pas.

Déficience sociale
Depuis ses premières années au service du monde du handicap, Patrick Brunet voit évoluer les enfants. « Dans le secteur, les conditions socio-éducatives se dégradent, explique-t-il. Il y a de plus en plus de déficience plutôt due à l’environnement qu’à des causes médicales. Nombre de jeunes naissent avec des capacités intellectuelles proches de la normale mais étant donné les conditions de carence dans lesquelles ils évoluent, ils ne peuvent accéder à l’apprentissage. »
« Se relever les manches »
est donc le credo des personnels de l’IME. Le site de Courrières accueille les enfants jusque 12 ans, celui des Bouviers à Hénin-Beaumont se charge de la poursuite des études en classe et du pré-apprentissage des métiers. Avec talent et générosité les éducateurs techniques offrent les bases de l’horticulture, de l’entretien du linge, de l’entretien des locaux, de la cuisine, de la peinture, de la maçonnerie. Autant d’ateliers et de groupes qui permettent aux jeunes de découvrir quel est leur talent et comment ils progressent. Au-delà de cette première formation, certains signent des contrats d’apprentissage, des stages d’insertion professionnelle. « Souvent, se réjouit Françoise Bouzian, chef de service pour le semi-internat, à l’issue des stages, les jeunes ont des propositions d’embauche ! »

L’internat
Quand la classe est finie ou que les outils des ateliers sont rangés, les lieux de vie de l’IME Les Bouviers s’animent. Treize jeunes dans chaque lieu se reposent et discutent de leur journée. Certains partent au club de judo, d’autres filent faire les courses ou rencontrent leur psychologue en ville. D’autres préfèrent prendre une douche et attendre l’heure de Plus belle la vie !
In-di-vi-du-aliser les parcours ! c’est l’idée fixe des professionnels du centre. Dans les lieux de vie, au sein ou à l’extérieur des Bouviers, chacun des 72 internes suit son propre chemin. Intégrés la plupart du temps sur décision familiale ou judiciaire, les jeunes se réinventent une famille le soir, aux côtés des éducateurs. Ils partagent les repas, leur chambre, la corvée de vaisselle et se racontent à l’heure du goûter. Romain, Mathieu et Kévin – qui entame sa sixième année d’internat – aiment le foot… mais pas le Losc. Donovan et Laura sont passionnés d’arts plastiques. Alexandra rêve de travailler dans un magasin de vêtements. L’autre Kévin voudrait être bûcheron. Ils se confient en hésitant, en souriant. Les problèmes avec les parents qui les ont conduits à être placés là par l’aide sociale à l’enfance ; les coups de fil chaleureux à Mamie le soir ; la mort du petit frère dans un accident de voiture… « C’est un peu une deuxième maison, affirment Laurence Gayant et Michaël Borgne, les éducateurs chaleureux. Nous avons une vraie vie de famille ! » Comme dans toutes les familles intelligentes, un vrai travail sur l’autonomie est mené. C’est la condition essentielle pour grandir et évoluer.



L'Écho du Pas-de-Calais n°90
Février 2008

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