Sereine, Brigitte Faucon a toujours cru en son projet de marché bio alors même que ce mode de culture et de consommation n’était pas encore « à la page ». La prise de conscience semi-collective n’avait pas encore eu lieu. Elle a bien fait. Près de l’église de Wittes, salle des sports Louis-Vicart, son petit marché couvert a ouvert en 1995 et fonctionne de mieux en mieux.
Vivre sainement : un précepte qui date de la petite enfance de Brigitte Faucon. « Mon père devait s’absenter toute la journée, commence-t-elle. Il préparait son repas pour manger bio tout en se déplaçant, c’était assez exceptionnel à l’époque. Il avait une très bonne santé, une prestance, une aura exceptionnelle. »
Un mode de vie
Pour appliquer ce mode de vie, Brigitte Faucon a ensuite parcouru des kilomètres pour se procurer des produits biologiques. « Je faisais du pain moi-même avec du levain maison, dit-elle. J’achetais de la farine biodynamique. On s’est bien moqué de moi car mon pain ne montait pas aussi bien que les autres mais j’ai tenu bon ! »
Un jour, elle s’est interrogée : « pourquoi ne pas faire venir les commerçants bio dans mon village ? Je suis allée à leur rencontre, chez eux… »
Aujourd’hui, à Wittes, les fidèles et les commerçants sont toujours au rendez-vous le 3e dimanche du mois de 10 h à 12 h. Des clients de passage aussi. « Nous serons tous obligés de venir au bio ! La grande distribution, qui s’y est mise, permet de faire un premier pas vers ce type d’alimentation, même si ce ne sont pas les mêmes produits. »
Pas de concurrence
Au marché bio de Wittes, chaque commerçant propose un produit que le voisin n’a pas. L’esprit n’est pas à la concurrence. Fruits frais et épicerie chez Édith. Produits laitiers de chèvre, pain et tartes chez Valérie. Produits de la pomme chez Nicolas. Produits d’hygiène pour le corps et la maison, non testés sur les animaux, chez Gloria. Chacun parle de son métier avec conviction. Le plus ardent semble être Guillaume Douchet qui lutte pour que l’on respecte le fil des saisons. « Le bio doit aller avec l’écologie. Toutes les filières de légumes bio ne respectent pas l’environnement : certains parcourent des centaines de kilomètres pour venir jusqu’à nous, dépensant ainsi de nombreux litres de carburant. Je me bats pour défendre le produit local. Il faut faire attention à nos choix. » Tenons-nous-le pour dit. Je prendrai donc deux laitues de Marquise…
Mélanie Renault
L'Écho du Pas-de-Calais n°87
Septembre 2007
Frisée_1955
11/03/2008 11:55:25
Ce marché est super sympa, dommage qu'il ne soit que le 3éme dimanche du mois et de 10h à 12h, il faudrait plus d'initiatives dans ce genre là !