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Le rail régional… de la nostalgie au pragmatisme

Première région française au niveau du fret, de l'industrie ferroviaire et pour le développement de son réseau TGV, le Nord - Pas-de-Calais confirme son lien ancestral avec le rail. Voici trois exemples où respect du passé, adaptation au présent et perception du futur démontrent que tant qu’il y aura des hommes, du savoir-faire et des projets, la région restera toujours dans le droit chemin… de fer.

Bapaume, Achiet-le-Grand
Le savoir-fer de la Sari

La Société auxiliaire de reconstruction pour l’industrie (Sari) assure les travaux de réparation, de maintenance et de nettoyage de matériel ferroviaire dédié au transport de marchandises. L’équivalent d’un centre de contrôle technique pour voitures avec des contraintes toujours plus pointues pour obtenir les précieux agréments. C’est le prix de la qualité.


À Bapaume, la rue de la Gare n’a plus d’actualité que sa nostalgie. Le temps où voyageurs d’un jour, autochtones de toujours et chevaux de fer des bourgs transitaient par cette artère synonyme de transhumance est révolu. On n’attend plus l’arrivée de l’oncle Albert ou la prochaine correspondance pour Cambrai. La rue principale a définitivement amputé le tronçon pleurant ses destinations perdues. La gare… routière située au coin permet au moins à la voie de justifier son label. Et puis la gare d’origine est toujours là, gaillarde, humainement occupée, avec pour gardien du souvenir une horloge d’époque aux aiguilles stoïquement figées. Le temps s’est arrêté mais paradoxalement, des wagons stationnent temporairement face au quai. Avant de s’en repartir, rajeunis, écumer les voies de France et de Navarre. Bienvenue à la Sari.

De la SNCF à la SNCB
Cette société bientôt soixantenaire voit le jour en 1946 dans l’enceinte de la société Fauvet-Girel à Saint-Laurent-Blangy. Son activité consiste alors à remettre en état des wagons endommagés durant la guerre. Par la suite, elle s’étendra de façon plus générale à la reconstruction ferroviaire. L’atelier émigre en 1959 sur Bapaume, la société rachète la gare bapalmoise en 1974 tout en créant un garage de wagons à Achiet-le-Grand. Ce dernier voit son extension portée à 29 voies et ses prérogatives élargies (station de dégazage, ajout d’un nouvel atelier de révision-réparation). Au fil des années, la Sari avance, progresse, afin de répondre aux attentes d’une région possédant le plus gros fret ferroviaire de France. Exigences plutôt qu’attentes devrait-on dire. Traça-bilité, agréments AQFM (Assurance qualité ferroviaire maintenance) imposés par la SNCF demandent une mutation technique et une formation des hommes quasi-permanentes. En mars dernier, la Sari a obtenu l’agrément SNCB (alter ego belge de la SNCF) pour le matériel transcéréales. « Les normes changent selon les pays pour les mêmes types de wagons » constate un brin fataliste Yves Cochefert, directeur industriel. En attendant, la Sari tire son épingle du jeu. 1 500 wagons (50 % citernes, 50 % céréales et autres) passent annuellement entre les mains de la soixantaine d’employés. La législation comme les technologies avancent, l’entreprise de Bapaume reste toujours dans leur roue. Mais comme les wagons entre eux, il faut s’accrocher.

Industrie ferroviaire : il faut « Sifer »

Pour la deuxième fois consécutive, Lille est devenu le carrefour de l’innovation et du savoir-faire technologique en accueillant la 4e édition du Salon international de l’industrie ferroviaire (Sifer). Ce salon unique en France est une vitrine porteuse de promesses et de développement pour des entreprises régionales intronisées de fait au sein de la confrérie européenne.


Convenons-en, entre les 15 et 17 mars derniers, la quatrième biennale du Sifer n’était pas le sanctuaire du visiteur lambda. Des passionnés du rail peut-être, des professionnels indéniablement ! Ces derniers fourmillaient, l’œil aiguisé et curieux, souci d’informations et d’échanges au clair, au milieu des 260 stands plantés au cœur de Lille Grand Palais. C’est le premier record battu par rapport à l’édition 2003, l’afflux de nouveaux exposants a contraint l’organisation à augmenter la surface d’accueil de 30 %. Un bond, que dis-je, un triple saut, l’affluence a augmenté presque de moitié, près de 3 000 visiteurs ayant franchi les portes du Sifer dont 33 % d’étrangers. Au royaume des derniers-nés de la boulonnerie, des informations sonores dernier cri (sic), de matériels roulant high-tech, de moteurs de pointe à la fine fleur du lavage de train et de vidange de toilette, l’infiniment petit roule sur le même rail technologique que l’infiniment imposant. De l’Irlande au Japon en passant par le Pakistan, la région s’est frayée une place respectable dans cette tour de Babel riche de 18 pays. Parmi les 32 exposants originaires du Nord, Pas-de-Calais et Picardie, Centaure Systems (affichage électronique lumineux ; Nœux-les-Mines), Outreau Technologies (fonderie spécialisée à l’adresse des multiples réseaux ferrés internationaux) ou encore Tolartois (tôlerie fine, Béthune) ont pu s’étalonner auprès des plus grandes références nationales et mondiales. Profiter de la caisse de résonance d’un tel salon est un trésor. Certainement pas une pêche miraculeuse ! L’installation récente du siège de l’Agence ferroviaire européenne à Lille et Valenciennes et le concours pour l’obtention d’un pôle de compétitivité autour de l’activité ferroviaire confirment la politique volontariste de la région dans ce domaine. Le Sifer reviendra à Lille en 2007. Contrat rempli. En espérant les autres plus lucratifs et indispensables aux entreprises du cru.
Plus d’informations sur le site www.sifer05.com

Dépôt de Lens : Des locos motivantes

Cochez les 11 et 12 juin sur votre agenda ! Une bonne partie de l’histoire régionale du rail s’exposera sous vos yeux entre Méricourt et Avion. Un événement très rare.


Question à un euro : comment le charbon du bassin minier pouvait-il relever la France d’après-guerre sans moyens de transports conséquents ? La réponse est bien sûr dans la question. Exploitation minière et réseau ferroviaire allant de pair, le rail a rapidement tissé sa toile, provoquant des implantations précoces pour l’époque : le premier dépôt de Lens fut édifié en 1884 ! Tout en gardant son appellation, il est déplacé après la Première Guerre vers une zone de champs située dans un triangle Sallaumines-Avion-Méricourt. Autant dire que toute l’histoire du chemin de fer moderne est passée par cette parcelle d’Artois, des premières locomotives vapeur aux derniers modèles électriques. Le dépôt de Lens (ancienne appellation toujours en cours, le nom officiel étant unité de production, demeure le plus important centre régional pour la maintenance des machines de traction (450 locomotives et locotracteurs, électriques et thermiques).

Un « fer à repasser » à Méricourt
Ville du charbon et du chemin de fer, Méricourt, à l’initiative de son maire, s’est vu rétrocéder par la SNCF le 15 octobre 2004, une BB 12 000. Après 40 ans de bons et loyaux services, ces engins mythiques surnommés « fers à repasser » ont disparu de la circulation fin 1999. La municipalité méricourtoise, en hommage aux cheminots et à leur corporation, va donc inaugurer son acquisition sur un grand rond-point du centre-ville. Baptisée au nom de la ville, cette machine électrique est actuellement restaurée bénévolement par les employés du dépôt. Un investissement à l’échelle du monstrueux travail mis en place par ces mêmes cheminots en perspective des journées portes ouvertes des 11 et 12 juin. Les visiteurs peuvent s’attendre à un moment rare et intense, la visite complète est estimée à trois, quatre heures…

Les baptêmes de BB
Entre la locomotive (vapeur) 150 P 13 en provenance de Mohon (Morbihan), doyenne des modèles exposés ; le baptême de la BB 27062, dernière-née de chez Alsthom, et la présentation en avant-première de la BB 47 000, prototype taillé pour rouler sur tous les rails européens, les passionnés ont de quoi assouvir leur amour du cheval de fer. Les Anglais férus de ce type de manifestation sont d’ailleurs attendus en nombre. Toute la famille sera présente pour cette fête ferroviaire, du stand de l’orphelinat à celui des maquettes, du stand unité diesel à l’espace réservé à Clive Lammine, historien faisant autorité dans le domaine, du petit train de Saint-Valéry-sur-Somme aux modèles réduits… jusqu’aux petits baptêmes du rail, enfants et mamans auront la possibilité de conduire un modèle Y 8 000 ! Pour enchanter les 5 000 à 10 000 visiteurs attendus, tous les cheminots du site (180 à 200) ont retroussé les manches, allant jusqu’à la création d’un site internet spécialement réservé à l’événement *. Car c’en est un ; les précédentes portes ouvertes remontant à septembre 1984. Une première édition qui entendait mettre en avant les économies d’espace et d’énergie, la sécurité et la non pollution, des principes qui n’ont pas pris une ride. Cette fois, le comité de pilotage souhaite centrer la manifestation sur l’homme. Qui, pour son avenir, a intérêt à choisir le bon wagon…
*www.depotdelens.org



Opération portes ouvertes SNCF dépôt de Lens
Rue du Petit-Chemin-Vert
62800 Méricourt.
Horaires : le samedi 11 juin de 9 h à 17 h, le dimanche 12 juin de 10 h à 18 h.



L'Écho du Pas-de-Calais n°64
Mai 2005

URL courte : www.echo62.com/article1447



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Du 8 au 16 novembre, Outreau : exposition de la Palette Outreloise
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