Et ça continue encore et encore ! La série noire de fermetures d’usines, de licenciements n’épargnera donc aucun arrondissement du Pas-de-Calais. Après le Calaisis (Lu, Alcatel), le Béthunois (Testut, Arcelor à Isbergues), l’ancien bassin minier (Metaleurop entre autres), c’est au tour du Boulonnais de vaciller sur ses déjà fragiles assises économiques. La Comilog, principale usine du secteur va fermer ses portes. 350 emplois directement touchés, 150 indirectement et plus de la moitié du trafic du port de commerce qui part à vau-l’eau. Appartenant au groupe Eramet (dont l’État est un important actionnaire), la Comilog produit notamment des ferroalliages pour la sidérurgie (350 000 tonnes par an de ferromanganèse). Onde de choc. Lame de fond de chômage. Séisme. Répercussions dramatiques. Coup de massue. Élus locaux et syndicalistes ont multiplié les déclarations, réclamant « la solidarité nationale pour le Boulonnais, zone sinistrée et prioritaire ». La mort annoncée de la Comilog symbolise parfaitement le virage économique et social que doit aborder le Pas-de-Calais. Après le charbon, c’est la sidérurgie qui s’efface complètement de notre horizon industriel.
Au mois de juillet dernier, une équipe d’historiens locaux présentait « Métallurgie en Boulonnais », ouvrage évoquant la révolution industrielle sur la côte. On y découvre l’aventure des hauts fourneaux d’Outreau de 1857 à 1978, la construction en 1961 de trois hauts fourneaux sur un terre-plein gagné sur la mer à Boulogne, les soubresauts des actionnaires, français et gabonais, jusqu’à la prise de contrôle d’Eramet en 1996. « En 2003, l’histoire de la métallurgie du manganèse créée à Boulogne-sur-Mer près d’un siècle auparavant, continue » précisait Edmond Truffaut…
Une page de cette histoire vient de se tourner très brutalement.
Alors, il s’agit de prendre sa plus belle plume (dont l’industrie fit aussi naguère la fierté du Boulonnais) pour écrire de nouvelles lignes. Au-delà du drame humain, des voix s’élèvent pour évoquer les pollutions… olfactive et visuelle, générées par les hauts fourneaux. S’il faut s’interroger « sur ce que l’on va faire maintenant sans la Comilog », les réponses ne sortiront pas comme par magie du chapeau de la décentralisation. État, Région, Département, communauté d’agglomération, chambre de commerce et d’industrie ont tout intérêt à naviguer de conserve afin de trouver un heureux épilogue, avec de nouveaux débouchés pour le port ; et de rebondir sur les atouts du Boulonnais dans le domaine du tourisme.
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