Dans la famille Deparis, je voudrais le peintre. C’est-à-dire Régis. Rendez-vous est pris dans l’atelier à Hesdin. L’homme est chaleureux, et 35 années au service de la peinture n’ont fait qu’attiser sa passion.
L’expérience et la reconnaissance l’autorisent même à prodiguer des conseils à qui voudrait se lancer : frotter et limer sa cervelle contre celle d’autrui, comme le conseillait déjà au xvie siècle Montaigne, reste l’abc d’un vrai apprentissage. « Pour cela, il existe des aides et les Drac devraient aider à les faire mieux connaître car si l’on parle de démocratisation de la culture, l’art reste très centralisé… » Études artistiques, émulation, échange d’informations…
Lui-même a fait ses armes en Italie. Il en a gardé le goût des fresques et travaille depuis des années à une série des « villas italiennes ». Un nom générique pour des œuvres qui ressemblent un peu à des décors, sur lesquels l’imaginaire du spectateur se pose. « J’aime proposer mais ne pas conclure ». À celui qui regarde le tableau d’en devenir acteur et d’inventer la suite. Une villa romaine, un chien qui attend un maître qui ne reviendra peut-être plus ! La vie, la mort ? L’attitude de celui qui regarde rend le tableau positif ou négatif, l’aventure belle ou triste.
Régis Deparis travaille beaucoup sur la symétrie, « comme une tache au creux d’une feuille pliée ». Une symétrie dissymétrique puisqu’au jeu du « chercher la différence », le temps a marqué son empreinte sur l’un des piliers de la maison !
Hesdin en toile de fond
Sur ce mode, l’artiste travaille sur l’évocation des jardins d’Hesdin et du Vieil-Hesdin. On est loin de la représentation historique mais plutôt dans la suggestion car là aussi, la toile ne doit pas raconter mais interroger. « Je dois faire une image qui va au-delà du tableau. » N’empêche que le « non-dit » demande de posséder à fond son sujet et sur la table les livres historiques s’accumulent : un vrai travail sur la mémoire régionale, mais toujours en termes de recomposition.
« Hesdin, place forte convoitée, détruite par Quint : une façon aussi de montrer que l’homme est capable de s’autodétruire, de montrer sa déraison. » Délaissant les pinceaux, Régis Deparis a aussi entrepris d’écrire « Les paradis d’Hesdin », qui va retracer l’histoire de la ville. Une ville qui a vu naître des gens comme Fauconnier (qui est exposé dans le plus grand musée d’art moderne du monde) ; comme le funambule Blondin !
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