Une façade couleur lavande, des étagères lisses et chaudes, un fauteuil Voltaire rouge vif, des livres élégamment disposés, une arrière-salle murmurant une musique douce… c’est l’inventaire à la Prévert de “Quilit-Quilit” situé à Béthune.
Un livre dans une main, un café ou un thé dans l’autre, Amandine Hubert a réinventé les salons littéraires parisiens d’antan. Rompue aux discours de Platon (un DEA de philo), cette jeune arrageoise n’a pas trahi le sophisme au bénéfice du négoce. Les deux mille ouvrages - d’occasion - disponibles s’ou-vrent à tous les horizons littéraires. Simplement Amandine a constitué son capital pour papivores selon ses goûts. « Un travail de libraire », dit-elle, sans la pression des grands groupes d’édition que subissent ses pairs vendant des ouvrages neufs. En fait, elle compose entre ses choix et les recherches d’une clientèle très locale, parfois belge ou anglaise.
Lancé il y a un an, “Quilit-Quilit” s’est ancré en douceur dans le paysage commercial et culturel de la cité béthunoise. Havre du lecteur, l’enseigne est également terre d’accueil des arts plastiques. Dans la petite pièce où l’on peut déguster une trentaine de thés différents, agrémentés de biscuits maison, le consommateur-lecteur peut également contempler les œuvres de peintres locaux ou plus lointains.
Le concept commence à faire des émules, ce qui réjouit Amandine, pas jalouse de sa position exclusive (« si on reproduit mon activité ailleurs, c’est qu’elle est crédible » sourit-elle). Ce qui serait en soi le signe de retrouvailles entre le grand public et la lecture. Dans ce sens, un groupe de lecture verra le jour début janvier. Cela après une soirée “contes” déjà organisée fin décembre.
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