Avec 36 communes, 252 000 habitants, la communauté d'agglomération de Lens-Liévin (elle a déjà son fidèle acronyme : la Call), issue du district de Lens-Liévin, est par sa taille la deuxième communauté d'agglomération de France ! " On ne le sait pas assez " répète à l'envi Michel Vancaille, le président de cet établissement public de coopération intercommunale. On ne sait pas assez non plus que la Call, " gros morceau " de l'ancien bassin minier, travaille pour reconquérir ses territoires et son image de marque.
Une reconquête qui passe par un énorme travail sur l'eau, " de qualité aussi moyenne en surface que dans les nappes " dit M. Vancaille. Mise en valeur de l'eau dans la ville, redynamisation de la voie d'eau..., les pistes sont multiples et apportent des réponses pertinentes aux questions environnementales et économiques. Pas étonnant donc de voir débarquer au siège de la Call des spécialistes du conseil régional, de l'Ademe1, des VNF2, venus se pencher sur les avantages du transport fluvial des déchets ménagers. Jean-François Caron, vice-président de la Région, a très vite planté le décor ! Depuis 1992, on assiste en France à une accélération fantastique dans la façon de traiter les déchets (collecte sélective par exemple), mais de nouveaux enjeux apparaissent telle la tentative de réduire la production de gaz à effet de serre... Et le bon millier de bennes de collecte de déchets ménagers qui se " baladent " sur nos routes n'arrangent guère la situation. Alors le transport fluvial se pose en roue de secours écologique et économique, " s'il y a une volonté et une cohérence " précise J.-F. Caron. Volonté, cohérence et évidence quand on sait que le Nord - Pas-de-Calais dispose de 680 kilomètres de voies d'eau, que les péniches " valent " 14, 22, 36, voire 120 gros camions et que le coût du transport fluvial est similaire à celui du transport routier.
Déchets verts et boues
La communauté urbaine de Lille a ouvert la voie pour pallier la fermeture de trois centres d'incinération. Elle a choisi d'utiliser le port fluvial de Lille, véritable plate-forme trimodale et le canal pour transporter des conteneurs de déchets jusqu'au centre d'enfouissement technique de Blaringhem. Deux barges de 30 à 35 conteneurs emmènent chaque jour 300 tonnes de déchets, et cela six jours sur sept à raison de trois allers et retours par semaine ! Une barge de 78 conteneurs sera bientôt mise en service, " remplaçant avantageusement " 78 camions...
C'est une autre technique, le vrac, que la Call a choisie pour transporter ses déchets verts et ses boues de stations d'épuration. En association avec la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin, ce sont à terme 40 000 tonnes de déchets par an qui pourront " voyager " de la plate-forme de Pont-à-Vendin vers le centre de compostage Artois Compost de Graincourt-lès-Havrincourt (l'aménagement d'un embranchement fluvial est à l'étude). 40 000 tonnes ou 1 600 camions qui ne sont pas sur les routes...
" Nous ne pensions pas beaucoup à la voie d'eau et aujourd'hui nous sommes totalement satisfaits. L'opération est rentable " assure Michel Vancaille. La solution fluviale sera-t-elle la panacée environnementale ? Les élus et les techniciens parlent davantage d'une solution panachée combinant la route, le rail et la voie d'eau.
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