Montez tout d’in haut de ch’terril et regardez autour de vous… Si vous pensiez encore que le pays minier était noir, vous allez réviser votre jugement. Partout, la couleur verte a repeint le panorama au point de recouvrir trois siècles d’exploitation de la houille. La faune et la flore se sont réinstallées alentours et les affaissements ont donné naissance à des espaces naturels qui ne l’étaient pas il y a vingt ans. Une excellente exposition temporaire “Pays vert/Pays noir” proposée au Centre historique minier de Lewarde permet au visiteur de poser un nouveau regard sur la région. Il permet aussi à ceux qui n’ont pas connu l’industrie régionale de décoder les traces laissées sur le paysage.
L’exposition Pays vert/Pays noir ouvre les yeux des visiteurs étrangers, des nouveaux habitants, des jeunes de la région et réveille la mémoire des anciens. Elle donne les clefs au public pour comprendre le paysage qui l’entoure. Cinq lieux ont été choisis. Ils sont représentatifs de l’évolution de la région. Bully-Grenay par exemple. En 1850, les deux villages d’alors ont été submergés par une vague de constructions issues de l’activité minière. Une carte montre l’évolution spectaculaire.
Aujourd’hui, il n’y a plus de chevalement ni de carreaux de fosse, les voies de chemin de fer ont été démontées. Certaines constructions restent debout. Elles étaient les lieux de vie pour les ouvriers : écoles, églises, dispensaires… dont les habitants n’en connaissent pas toujours l’origine.
Bruay-la-Buissière est un autre exemple fort de l’empreinte laissée par les gueules noires. La ville est aujourd’hui entourée d’un véritable amphithéâtre de terrils aux formes étonnantes : plats ou coniques ; uniques ou jumeaux ; chauves ou boisés, aménagés ou laissés naturels.
La ville d’Oignies raconte à elle seule toute la mine du XXe siècle. L’exposition montre que les cités minières y sont toujours aussi vivantes et que la fosse 9-9bis, construite dans les années 30, a été superbement restaurée. Elle est classée monument historique.
L’apothéose de l’exposition Pays vert/Pays noir est une salle consacrée au terril 110, situé à Oignies justement. Elle place le visiteur au sommet du cône et lui donne à découvrir, à l’aide de vidéos, d’est en ouest, du nord au sud, un panorama fascinant. On découvre que les traces de l’activité minière disparue se mêlent à la vie qui continue et que la couleur l’emporte largement sur le noir.
Lewarde : un parcours guidé d’1 h 30 qui emprunte l’itinéraire des mineurs sur leur lieu de travail, de la salle des douches jusqu’aux chantiers d’extraction du charbon. La visite fait halte à l’exposition Paysvert/Pays noir qui permet de mieux comprendre les paysages alentours.
Stephen Sack : Flora magica
Le photographe américain Stephen Sack, qui offre actuellement à Lewarde une exposition remarquable, nommée Flora magica, se promène entre l’art conceptuel et l’art scientifique, Attiré par les empreintes fossiles du carbonifère et par les plantes que l’on trouve aujourd’hui sur les terrils, il pose son regard d’artiste sur l’évolution du paysage. Captivant !
Stephen Sack aime travailler avec les musées qui le lui rendent bien. Après le British museum de Londres, le Huis van Aluin de Gand, le Deutsches Film museum de Franckfort… le voici au Centre historique de Lewarde. À chaque fois, la même démarche : “faire sortir l’âme des choses.”
Suivant son intuition et sa méthode quasi scientifique, il a d’abord parcouru les deux mille fossiles du musée avant d’arpenter les terrils et de cueillir des fleurs. Il les a pressées, traitées, photographiées, agrandies… et a créé un herbier magique, presque fantastique.
Wallers-Arenberg : Un patrimoine remarquablement conservé
Trois chevalements, des machines d’extraction, des cités minières rénovées, un estaminet transformé en gîte, une salle des fêtes, une école ménagère, un boulodrome, une église Sainte-Barbe de 1907 aux somptueux vitraux… Le paysage de Wallers-Arenberg, aux portes du Hainaut est exceptionnel. Exceptionnellement bien conservé. Des visites guidées proposent au public de découvrir les lieux et de comprendre, sur le terrain, le travail et la vie sociale du mineur.
Raismes : La mare à Goriaux
Les lieux sont aussi enthousiasmants qu’incroyables. Situé au pied d’un terril, un plan d’eau de 90 ha est né d’un colossal affaissement minier. On découvre ça et là des arbres engloutis, dont il ne reste plus que des moignons qui dépassent de la surface de l’eau. La mare à Goriaux est devenue un repère ornithologique riche de quelque deux cents espèces rares. En hiver, elle est un refuge de milliers de canards, protégés des chasseurs. Un circuit pédestre de 6,5 km a été tracé ; il invite à explorer en douceur la faune et la flore de ce petit paradis.
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