Il a bercé les rêves de millions de bambins, traversé les collines de l’enfance en indéfectible compagnon. Créature de paille ou de son, le « nounours » véhicule toujours nostalgie et tendresse. Même si de nos jours, le personnage semble désuet, une auchelloise, Pascale Nowicki, a décidé de relancer artisanalement l’adorable plantigrade.
Bonne nuit les petits ! Quatre mots inscrits au tréfonds de la mémoire des Nicolas ou Pimprenelle que nous fûmes. Nostalgie me direz-vous, c’est vrai. Au fil du temps, le territoire de l’animal – comme le vrai d’ailleurs – s’est considérablement réduit au profit de compagnons d’oreillers tout aussi respectables. Mais le mythe perdure et Pascale Nowicki en a fait son activité.
Nounours pour adultes
L’initiative n’est pas le résultat d’une étude de marché, simplement la finalité d’une passion manuelle. La couture, Pascale l’a chevillée au corps depuis l’âge de sept ans. Vendeuse de tissus puis vendeuse-retoucheuse, notre bruaysienne d’origine connaît les affres du licenciement il y a deux ans. Les temps sont durs dans le milieu du textile mais l’inactivité économique n’a pas de prise sur la fièvre créatrice. Au début, comme loisirs, Pascale confectionne des vêtements pour les nounours. Puis, c’est la fabrication des ours en peluche, « le premier n’était pas terrible, il avait même l’air bizarre » dit-elle en riant, avant de franchir le pas en fin d’année dernière. Elle investit ses allocations Assedic et avec l’aide de l’association bruaysienne Espace, lance sa micro-entreprise de fabrication artisanale. Petits, moyens, grands, les nounours succèdent aux nounours derrière les volets mauves d’une petite maison des mines d’Auchel. Que les marchands de jouets se rassurent, la production ne s’adresse pas aux enfants mais bel et bien aux adultes. D’abord à cause des normes draconiennes de sécurité, ensuite parce que la clientèle ciblée est constituée essentiellement de collectionneurs.
Du nuage à la toile
Chaque exemplaire est un collector (entre 90 et 250 euros pièce) tout comme leur conceptrice pourrait-on dire. Ils sont une vingtaine en France dans cette activité, Pascale Nowicki est la seule dans le département. Avant de conquérir l’hexagone, elle entend séduire les amateurs éclairés que sont les Allemands et Australiens. Antoine, son compagnon, a donc créé un site internet. revesdours.com met en scène les créatures de Pascale sur la toile avec au générique Justin le jardinier, John le golfeur ou encore Pierrot le cuisinier. Plus tard, Pascale aimerait écrire des histoires avec ces clichés en toile de fond. Comme elle souhaiterait « confectionner une peluche ressemblant vraiment à l’animal ». La touche Pascale Nowicki, c’est le museau et la gueule allongée. C’est aussi sa signature sur la plante de la patte. Pour que sa petite entreprise ne connaisse pas la crise, l’auchelloise anticipe les futures fêtes. Dès juin, elle confectionnera des nounours en habits de Noël. Heureux l’artisan qui entretient les rêves d’enfants même si, contrairement aux apparences, « c’est un boulot de dingue ».
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