Lamballe, 1896. Mathurin Méheut a 14 ans, il est apprenti chez un peintre en bâtiment, artiste à ses heures… Mathurin exécute ses premiers dessins et rejoint deux ans plus tard l’école des Beaux-Arts de Rennes. 1906, il participe à son premier salon parisien. Prémices d’une belle carrière artistique dont la Première Guerre mondiale marque le tournant.
Apprenant la mobilisation générale en août 1914, Mathurin Méheut interrompt son tour du monde et rallie le 5 octobre le 136e régiment d’infanterie, sur le front, à 5 kilomètres d’Arras. Pendant cinq années, en Artois puis en Argonne, ce militaire, peintre, dessinateur et illustrateur est un bouleversant « reporter de guerre ». Dans les tranchées, en première ligne, il « croque » sur le vif la vie des Poilus. Ses croquis, ses dessins mais aussi ses écrits sont d’incomparables sources pour « avoir une idée de la Grande Guerre ».
L’exposition « 1914-1918. Mathurin Méheut, un artiste combattant » qui se tient à Arras au musée des Beaux-Arts, jusqu’au 2 juin, présente « ces instantanés observés et transcrits avec la vérité de l’expérience personnelle ». Les dessins de Mathurin Méheut sont également confrontés aux oeuvres d’artistes allemands, « construisant ainsi un récit en images et en miroir de la guerre… Le front qui sépare les armées devenant illusoire tant les artistes combattants se rejoignent dans une même vision de cette guerre ». Quelle émotion de découvrir l’hôtel de ville et la petite place d’Arras, déjà meurtris, en mars 1915.
Après la guerre, Mathurin Méheut sera peintre officiel du département de la Marine, réalisateur de cartons pour des tapisseries, des mosaïques, des vitraux… Il s’éteindra à Paris le 22 février 1958.
Mots, contes, photos
Autour de cette exposition consacrée à Mathurin Méheut figurent plusieurs temps forts :
URL courte : www.echo62.com/article357
