Il parle en homme d’expérience, qui a déjà beaucoup bourlingué. Pourtant, Mickaël Cannizzaro n’a que 25 ans. Ça ne l’empêche pas d’afficher une assurance forgée dans le métal, inaltérable comme l’enthousiasme qui l’anime dès qu’il parle de son métier. « Je ne me pose pas de questions, je fonce » dit-il avec détermination. Du culot, il lui en a fallu une bonne dose pour concevoir une partie des décors de la dernière tournée du groupe Indochine qu’il a d’ailleurs accompagné sur les routes de France durant presque une année, soit près de quatre-vingts concerts. Une expérience exceptionnelle qui lui a apporté beaucoup et qui a un peu boosté son activité. D’auto-entrepreneur avant la campagne d’Indochine, il est passé en SARL en juillet 2010 sous le nom de CMDS, Constructions métalliques et décors scéniques… tout un programme.

Le milieu artistique, le montage et la fabrication de décors, l’ambiance d’une tournée, tout cela n’était pas inconnu à Mickaël Cannizzaro. Au côté de son père Jean-Marie, spécialiste de la sonorisation et de l’éclairage d’événements, installé à Brebières, il a côtoyé cet univers dès son plus jeune âge. Et il rêvait d’y travailler. Avec une formation de chaudronnier soudeur, ce n’était pas gagné d’avance. Sauf que le hasard, et une volonté à toute épreuve, font parfois bien les choses.
Avant de créer son auto-entreprise, Mickaël avait donc déjà évolué sur diverses scènes avec son père pour assurer le son et la lumière. Ça lui a permis de rencontrer du monde et particulièrement le designer parisien Olivier Payen. « C’est lui qui m’a embarqué dans l’aventure de la tournée Indochine Meteor Tour pour la réalisation d’une partie des décors. Sur ce genre de projet, c’est une autre façon de travailler, mais ça ne me faisait pas peur car je connaissais déjà le monde du spectacle et son rythme infernal ». Une expérience qui l’a conduit à sillonner la France entière et quelques villes en Europe en assurant à chaque concert le montage et le démontage du décor. Dure mais enrichissante expérience.
« Aujourd’hui, je ne peux pas être plus heureux » affirme Mickaël dont le savoir-faire commence à être connu et reconnu. Les producteurs de Gotan Project Tango, de la chanteuse africaine Asa, ou encore une compagnie de danse de la région lilloise, un jongleur et bien d’autres ont déjà fait appel aux services du jeune chef d’entreprise qui s’est installé à Corbehem dans un local de près de 600 m². « Au départ je pensais n’avoir besoin que de 300 m² et maintenant c’est presque trop petit tant il y a de matériel à entreposer » souligne-t-il.
Du sur mesure
Mickaël Cannizzaro a en effet besoin de beaucoup d’espace pour préparer, fabriquer et ranger ses décors dont certains peuvent aller jusqu’à 11 mètres de haut et peser jusqu’à 8 tonnes, selon les souhaits des clients. Car ce que propose Mickaël, c’est du sur mesure, adaptable à chaque situation. « D’un artiste à l’autre les demandes sont très différentes, c’est pourquoi je vais toujours les voir dans leur univers avant de leur faire une première approche du projet. Il faut aussi tenir compte des contraintes techniques qui varient selon les salles de spectacle » explique le jeune homme qui reçoit ensuite ses clients à Corbehem où, armé de ses ordinateurs, il met en forme les futurs décors, en aluminium le plus souvent pour cause de légèreté et de maniabilité. Des décors en métal auxquels il peut ajouter des éléments en bois, pvc, verre… quitte à faire appel à d’autres artisans si ce n’est pas dans ses compétences. Mickaël Cannizzaro, s’il commence à être connu dans la région (la référence Indochine ouvre certaines portes), aimerait être aussi sur les tablettes des grosses boîtes de production parisiennes « car je suis sûr de pouvoir leur apporter des choses intéressantes. Je suis prêt à aller n’importe où pour construire un décor. Si on me propose un projet à l’étranger, au Japon par exemple, j’y vais sans hésiter ». Dans le droit fil de la construction de décors, le chef d’entreprise s’est également lancé dans la réalisation de panières en alu sur roulettes permettant aux artistes de transporter facilement leur matériel. Là encore, il joue la carte du sur mesure afin de répondre aux particularités de chacun. Une façon de travailler qu’il applique également pour ses commandes en construction métallique traditionnelle.
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