Filiale d’Atofina, branche chimie de TotalFinaElf, Cray Valley possède à Drocourt une usine présentée comme l’un des plus gros sites européens de production de résines polyesters insaturés. En fait, il existe quatre ateliers produisant chaque année 15 000 tonnes de matières premières pour polyesters, 60 000 tonnes de résines polyesters, 3 500 tonnes de résines phénoliques et des produits de moulage travaillés à façon pour la société Menzolit. 60 % de cette production part à l’exportation pour des applications dans la fabrication de produits de la vie courante : panneaux isothermes, carrosserie automobile, navigation, tôles ondulées, citernes, tuiles, baignoires, optiques de phares, fours, fers à repasser, etc.
Plus de 240 personnes travaillent sur le site où de gros efforts ont été réalisés ces dernières années dans le domaine de la sécurité et de l’environnement avec une dépollution des sols et sous-sols. Poursuivant son développement, l’usine Cray Valley a aujourd’hui deux projets : une extension de capacité de production des résines polyesters insaturés qui passeraient à 80 000 tonnes par an, sous réserve de l’autorisation administrative, et l’implantation d’un atelier d’additifs de rhéologie qui remplacerait l’atelier de produits de moulage. Ces additifs sont en fait des produits non dangereux qui se présentent sous la forme de poudres et de pâtes qui entrent dans la composition de certaines peintures, adhésifs, résines et encres pour éviter les coulures.
En dessous des seuils fixés par la loi
Lors de la présentation de ces projets à la S3PI (Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles de l’Artois), Pierre Evrard, directeur du site, a expliqué que le développement de la production de résines n’amènerait pas davantage de produits sur le site et qu’il n’y aurait pas plus de matières inflammables stockées. De même, l’atelier de rhéologie n’engendrera pas de risques nouveaux ni d’augmentation des périmètres de sécurité… Par contre, il y aura des incidences sur l’environnement dues, entre autres raisons, à l’augmentation de rejets liquides (notamment en sortie de la station d’épuration) et atmosphériques… Tout en restant largement en dessous des seuils fixés par la réglementation. À l’inverse, des travaux vont être engagés pour réduire les sources de nuisances : sonores venant du compresseur d’air, des tours aéroréfrigérantes et de la station d’épuration (agitateur de bassin et chute d’eau) ; olfactives au niveau de la station d’épuration et de l’atelier polyesters.
Augmentation des trafics
Tels qu’ils sont présentés, ces projets de développement n’appellent pas d’inquiétude particulière mais du côté des riverains l’on se veut très prudent et du côté des élus, l’on appelle à plus de transparence, de compréhension et d’explications, en particulier sur les périmè-tres de sécurité où, apparemment, la lecture des textes n’est pas facile. Enfin, il faut souligner que ces réalisations entraîneraient une augmentation des trafics, avec + 37 % de camions (il y en aurait 1 130 par an rien que pour la création de l’atelier) et + 133 % de wagons… Sachant que la pérennisation de la voie ferrée mise à disposition par la cokerie de Drocourt n’est pas encore certaine. Après la récente ouverture de l’échangeur sur l’autoroute A1, dont on mesure bien aujourd’hui l’utilité, c’est pourtant vital.
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