La préoccupation culturelle de la communauté de communes d’Audruicq s’affine d’année en année, depuis 1997. Un festival du conte a engagé la « bataille de la culture pour tous », vite étayé de concerts, d’expositions, de théâtre. Le succès grandissant, le travail se poursuit avec un retour aux racines du pays, au travers de l’expression artistique. Ici, le mot intercommunalité prend tout son sens…
« L’objectif est d’amener un spectacle pour chacune des quinze communes » explique M. Pourre, vice-président chargé de la culture. « Nous jouons la carte de la diversité, de la qualité et de la gratuité (avec le soutien du conseil général, du ministère de la Jeunesse et des Sports). Le public se déplace principalement en famille, n’hésite plus à se rendre dans les villages voisins pour une soirée de contes… Un petit lot de fidèles nous suit même de spectacle en spectacle. » Les enfants sont souvent les « déclencheurs » pour ces sorties : forcément, ils ont travaillé à l’école avec l’artiste qui se produit le soir. L’éveil de leur curiosité artistique, les liens créés, les échanges entre voisins, tout cela présage d’un bon ancrage au pays, d’une bonne communication interne, en somme.
Coté lecture, c’est l’abondance. Quatre opérations sont menées dans l’année ! Autour de « Lis avec moi », les parents s’impliquent et l’Éducation nationale encourage fortement. « Ruralivres » est menée avec succès par les foyers ruraux auprès des écoles primaires, des collèges et des bibliothèques.
« Des livres et vous » bouscule les quatre bibliothèques communales, avec un mois d’exposition, d’animation, conclu en novembre par le 1er salon du livre, à Ruminghem. Enfin, « Lecteur d’été » permet aux jeunes d’allier sport et recherches en bibliothèque, autour d’un rallye organisé avec les centres de loisirs. Grâce à ces actions conjuguées, l’intercommunalité a reçu, en 2002, le prix spécial de la Bataille de la lecture* pour la qualité du travail, mais aussi pour l’intensité des liens tissés entre communes.
Redonner son âme au territoire
Le dernier volet de l’action culturelle est le collectage de la mémoire liée à l’eau, aux wateringues, et à la chicorée. Les bâtiments de sécherie, dressés dans le paysage, sont comme en attente d’un renouveau… Un travail de fond est mis en place avec l’association « Des racines et des hommes », des étudiants et des conteurs pour rechercher les histoires locales d’autrefois, les rassembler, les mettre en chansons, en poèmes ou en scène ? D’ores et déjà, une partie du patrimoine est en bonne voie de sauvegarde. Une cassette vidéo retrace la vie et les gestes des sécheurs d’antan, français ou belges, la fête de la moisson à Guemps, la fête de la chicorée, la création de la Confrérie de la cossette de chicorée et ses premières intronisations en octobre dernier.
Ça bouge dans le pays d’Audruicq, même si, comme ailleurs, « la scène rurale a ses charmes et ses limites » selon Frédéric Huchette, agent de développement. « Dans l’avenir, nous étalerons davantage nos animations dans le temps. Le festival de contes se fondra plutôt dans la programmation annuelle, mais la part de cet art restera toujours des plus belles dans notre pays, qui se doit de revendiquer haut et fort sa ruralité. La motivation des habitants est forte, et nous avons des idées en réserve ! »
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