Ils ne le cachent pas : leur surprise fut grande de découvrir dans la presse nationale branchée musique électronique, de bons échos sur leur premier album ! « Et sans piston » ironise Marc Van-Damme… D’ailleurs, les pistons que l’on retrouve dans les instruments à vent sont complètement étrangers à l’univers plutôt logiciels et web de ce groupe carvinois, en passe de s’immiscer dans le cercle des artistes reconnus de l’électro-pop. Plus que groupe, Shed revendique l’appellation de trio : Marc Van-Damme, 30 ans, Cédric Gané, 27 ans et Marion Desruelles. « Nous sommes trois, nous nous sommes construits tous les trois et nous avançons tous les trois ensemble. » Avancer vers de nouvelles surprises, tel ce courriel dithyrambique d’un compositeur de Washington.
On s’en rend très vite compte, Marion, Cédric et Marc sont des « enfants de la génération numérique » ; il leur est inconcevable de faire de la musique, d’écrire des textes sans avoir recours aux NTIC ou nouvelles techniques de l’information et de la communication. Le trio mise en effet énormément sur son site www.shed.fr.st pour conquérir de nouveaux espaces. C’est grâce à l’informatique et à un Amiga 500 que Marc a bidouillé ses premières compositions. Avec deux copains du lycée de Carvin, il crée Death Nature – sous très nette influence Depeche Mode - formation qui va sortir un album et se produire une trentaine de fois sur scène. À l’armée, Marc découvre la « gratte », entendez la guitare, et se dit qu’acoustique et électronique peuvent finalement faire bon ménage. Revenu à Carvin, il rencontre dans une boutique de matériel informatique (évidemment) un copain du lycée. C’est Cédric, graphiste et webmestre, emballé par le CD quatre titres que Marc a fait tout seul à la maison. Il y a du Shed dans l’air. Et quand Marion, cousine de Mme Van-Damme, rencontrée lors d’un karakoé, arrive : c’est un rayon de soleil perçant les nuages synthétiques ! Le trio est constitué.
De Carvin au Japon
Titillés par l’envie de faire un CD, nos trois amis fondent une association qui par la suite pourrait servir aux jeunes groupes désireux de surmonter les obstacles surgissant sur le parcours de la création. Electronic tales sort en mars 2002, huit contes électroniques avec des textes mélancoliques de Marc Van-Damme (« en anglais, parce que ma culture musicale est anglo-saxonne ») se dissolvant dans une atmosphère où – pour les connaisseurs – Radiohead croise Air et tous les fées ou sorciers de la new-wave des années quatre-vingt. Pourtant, ne croyez-pas que Shed soit un trio froid et inoxydable. Après les bonnes critiques, le groupe s’est retrouvé « bien au chaud » en concert, à la Fnac de Villeneuve-d’Ascq : Marc à la guitare, Cédric aux claviers, Marion au chant, « ça s’est super bien passé ». Pas impressionnés, les Carvinois se sont alors payé le luxe de présenter leurs contes électro-pop à la braderie de Carvin ! « Nous faisons ce que nous voulons, nous prenons notre temps » assure Marc, comptable de profession, persuadé que Shed occupera une place originale quelque part entre la scène, le web, la vidéo, les bandes-son de courts ou longs métrages, les compilations (avec des labels de Marseille ou Bordeaux). Shed apporte finalement la preuve que les machines ne sont que des supports, complètement immobiles et léthargiques sans l’intervention humaine.
Marc travaille sur de nouveaux titres, Cédric a revu le site et Marion se familiarise avec l’univers musical des garçons. Ils sont constamment aux aguets, à l’affût des derniers échos électroniques. « On nous écoute en Belgique, en Suisse, au Japon » lance Marc. Alors pourquoi pas à Carvin lors de la prochaine fête de la musique, en première partie d’un grand groupe ? Shed en anglais signifie répandre, verser mais aussi diffuser… Sur toutes les ondes ? C’est tout le mal que l’on peut souhaiter à notre trio.
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