"J’avais une dizaine d’années et j‘allais voir le grand prix d’Isbergues au virage “Ingot” à Aire... Le cyclisme était synonyme de fête.J’admirais les coureurs !" Guy-Michel Dupont a aujourd’hui 55 ans.Il est depuis la fin de l’année 2000 le président du comité d’organisation du grand prix cycliste international d’Isbergues. Il tient à ce que cette épreuve reste une fête.
Inscrit au calendrier professionnel, le grand prix est né juste après la seconde guerre mondiale.Il a toujours suivi l’évolution du cyclisme, jusqu’à son entrée dans le "sport système". Guy-Michel Dupont avoue aujourd’hui "qu’il est de plus en plus difficile de mettre sur pied cette course", baptisée GPI pour les intimes...Il faut savoir trouver des financeurs, savoir attirer le public et les coureurs : "on a besoin d’une équipe de fous pour faire ça" résume le président, bien conscient de l’énormité de la tâche. Ce sont une trentaine de bénévoles qui travaillent durant des mois pour que tout se passe bien le jour J, avec gendarmes, signaleurs, journalistes, sponsors..., soit un petit millier de personnes au total.
Pour gérer les conflits, gérer le budget, pour "savoir dire non", G.-M. Dupont peut s’appuyer sur sa solide expérience... de syndicaliste.
De la JOC au GPI...
Apprenti soudeur à Aire, il découvrit dans les années 60 la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) dont il devint permanent national, à Paris, de 1969 à 1972. Après le mariage, le service militaire, il fut embauché aux feux continus de l'usine sidérurgique d'Isbergues. L'engagement syndical se poursuivit à la CFDT, et Guy-Michel devint secrétaire du comité d'entreprise en octobre 1980. Une grande aventure sociale, avec les grèves, les patrons, qui dura jusqu'en 1991 ; un comité d'entreprise qui le propulsa presque par hasard au sein du comité d'organisation du grand prix cycliste ! "Je ne me souviens plus de la date, mais c'est quand Guy Mollet a pris la présidence... Un ami avait insisté pour que je devienne trésorier-adjoint et je me suis retrouvé secrétaire général".
Il y a pris goût, apprenant sur le tas pour se transformer en "bénévole professionnel de l'organisation !"
S'il a du mal à se rappeler du palmarès de la course, Guy-Michel garde par contre des "images" précises des champions qu'il a côtoyés : Roche, Leblanc, Lemond, Fignon ("pas assez proche du public, il m'a énervé..."), Duclos-Lassalle, Virenque ("au-delà de ce qui s'est passé autour de lui, c'est un grand Monsieur !"). Ce sont ces champions qui ont toujours assuré le "spectacle" à Isbergues. "Petits" organisateurs dans une discipline où les grosses machines (Société du Tour...) avalent tout sur leur passage, Guy-Michel et ses amis veulent que le grand prix reste une "fête gratuite et populaire, un vrai spectacle"... Cela ne signifie pas qu'ils sont rétifs aux changements. "On ne peut plus organiser la course comme il y a dix ans ! Il nous faudrait un site internet, une luxueuse plaquette de présentation...et davantage d'argent, mais comment faire ?" Cette équipe de fous sait que les sponsors sont des denrées rares ; heureusement que la ville d'Isbergues, le conseil général du Pas-de-Calais (entre autres) restent des partenaires très fidèles.
En attendant de franchir un nouveau cap, il faut se concentrer sur la 55e édition, le dimanche 23 septembre.La 14e étape des 15 que compte la Coupe de France, a reçu les candidatures de 18 équipes.
Avec un beau plateau, un beau village VIP, une belle caravane publicitaire (sur laquelle veille Mme Dupont), un beau parcours (avec les côtes de Sachin, Estrée-Blanche...), la fête sera forcément belle!
Et Guy-Michel Dupont pourra revivre quelques émotions d'enfance puisque le peloton passera à nouveau à Aire, du côté du "virage Ingot" ?
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