CINQ ruches sur le toit de l’hôtel du Département à Arras ! « Ce n’est pas un caprice mais un vrai engagement » répète Dominique Dupilet, le président du conseil général, qui a lâché les abeilles - de 30 000 à 70 000 dans chaque ruche ! – en compagnie du président de l’Union nationale de l’apiculture française, Henri Clément, et de Robert Therry, conseiller général et apiculteur à Bouin-Plumoison.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de sensibilisation « L’abeille sentinelle de l’environnement » : une charte nationale pour la survie des abeilles et la sauvegarde de la biodiversité, soutenue par des entreprises, des collectivités comme le conseil général du Pas-de-Calais. Les ruches sur le toit du conseil général sont aussi une application très concrète d’une des 62 actions du programme de l’Agenda 21 « pour mettre en pratique un développement durable, synonyme de solidarité ». L’abeille est un symbole fort. Le président Dupilet n’a pas manqué de rappeler les propos d’Einstein : « Si les abeilles venaient à disparaître, les hommes disparaîtraient quatre ans plus tard ! » Menacées dans le monde entier, par les pesticides, l’évolution de l’agriculture, entre autres, les abeilles suscitent enfin une prise de conscience. Âgées de plus de 60 millions d’années, elles sont indispensables à la pollinisation - butinant 700 fleurs en moyenne chaque jour -, donc à la reproduction de 80 % des végétaux. « 35 % de notre masse alimentaire, 65 % de notre diversité alimentaire proviennent des abeilles, dit Henri Clément. Sans elles, pas de radis, pas de carottes, etc. Mais nous sommes passés en France de 85 000 apiculteurs en 1995 à 70 000 aujourd’hui pour 1 200 000 ruches ». Plus de 14 milliards d’abeilles ont péri en France depuis 1997. « L’abeille sentinelle de l’environnement » souhaite « placer l’insecte au cœur des villes, pour sauver l’apiculture des campagnes ». À Arras, les abeilles « butineront dans un rayon de trois à quatre kilomètres », elles seront « choyées » par Robert Therry et si l’été est clément, une première récolte est envisageable cet automne. Une ruche transparente a également été placée dans l’enceinte du conseil général : outil pédagogique permettant de découvrir sa complexité en toute sécurité car les abeilles sortent directement du bâtiment par un système de tunnel.
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