Ils s’intéressent à la condition humaine, aux secrets, aux blessures, aux failles, aux non-dits. « C’est le plus difficile à mettre en scène ! » Bertrand Degrémont et Grégory Barco travaillent sur l’intime. Originaires respectivement de Boulogne-sur-Mer et de Calais, ils évoluent entre Paris et le Pas-de-Calais. Dans la salle des Pipots, ils ont trouvé « un espace de liberté » et un accueil tel de la municipalité de Boulogne-sur-Mer, qu’ils ont pu inventer et monter trois spectacles accessibles, sensibles, qui ont eu le succès attendu.

Ils ont suivi les Cours Florent, cours d’art dramatique à Paris, y sont devenus professeurs et y ont créé là Cette nuit-là d’Amin Maalouf, une adaptation théâtrale du livret d’opéra Adriana Mater. « Ça nous a donné une assise ! » explique Grégory. Ils sont partis un moment au Liban. C’est en jouant une pièce d'August Strindberg, Le Songe, que l’idée du nom de la Compagnie La Porte au Trèfle est née. « Dans cette pièce, tout le monde essaie d’ouvrir La Porte au Trèfle derrière laquelle il y a la vérité… » Les artistes ont un goût pour le lyrique, le baroque, l’opéra. Ils prisent les chœurs antiques. « Nous ne voulons pas faire de divertissement mais pas non plus d’élitisme intellectuel pompeux. Nous voulons faire de vraies choses, sensibles. » Rendre accessibles Claudel, Duras, la dictature en Argentine, l’exil du Liban ; s’attarder sur le pardon, la guerre, la religion, l’amour, la disparition. Sonia Nemirovsky a écrit Le vol, le vol d’une jeunesse, de l’insouciance, du rire quand un pays se transforme en tyrannie. Il a été mis en scène par Bertrand Degrémont et mis en dessins simultanément sur scène par Pierre Constantin, plasticien. Montrée aux scolaires et à tous les publics, la pièce est originale, grave et pleine de poésie.
Brigitte Fossey
Brigitte Fossey a pris en amitié les deux créateurs de la Compagnie de la Porte au Trèfle. Alors que Bertrand jouait un rôle comique dans Parce que je la vole bien de Laurent Ruquier, elle est venue se présenter avec une grande simplicité à l’issue du spectacle. Aux Pipots, elle a donné La mort du jeune aviateur anglais, une lecture théâtralisée. La présence de la comédienne est évidemment un vrai gage de confiance pour la compagnie. Elle multiplie déjà les pistes à venir. Claudel, Genet, Maalouf à nouveau… toujours accessibles et abordables pour le plus grand nombre.
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