ADMR ? « Ah oui, l’aide aux mémères ! » Boutade, jeu de mots que ne supportent plus les 105 000 professionnels salariés, les 110 000 bénévoles du premier réseau français des services à la personne qui dans l’hexagone produisent 105 millions d’heures de prestations auprès de 703 000 clients. Il y a belle lurette, et bien avant le plan Borloo et le « boum » des services à la personne, que l’ADMR ne se cantonne plus dans l’aide aux personnes âgées en milieu rural…

Ce réseau intervient effectivement auprès de tous les publics, « de la naissance à la fin de vie » précise Francis Hennebelle, le nouveau président de la Fédération ADMR du Pas-de-Calais, une « fédé » - la 3e ou 4e de France en volume d’activités – résolue à communiquer positivement sur les gammes de services proposés, à domicile (ménage, repassage, etc.), pour la famille, l’autonomie et la santé. Encore peu connue, cette « gamme santé » est pourtant un point fort de l’ADMR, « acteur majeur » des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Avec son nouveau logo, avec la volonté marquée de se faire « mieux » connaître, l’ADMR du Pas-de-Calais se place en 2012 sur la ligne d’un « nouveau départ ».
Un triangle d'or
Sexagénaire bien portante, l’ADMR du Pas-de-Calais affiche fièrement son identité associative, créative et militante. Une quarantaine d’associations locales dont 15 SSIAD adhèrent à la fédération départementale, elle-même membre du comité régional (Pas-de-Calais, Nord, Somme, Aisne, Oise) qui se retrouve au sein d’une union nationale très pertinente pour le « lobbying auprès des ministères ». Avec près de 2 200 salariés, l’ADMR est un « employeur de taille » dans le Pas-de-Calais. « En 2010, nous avons aidé plus de 14 000 personnes ou familles » détaille Katy Fuentes, la directrice. La fédération s’appuie sur 30 maisons des services, aux quatre coins du département, pour créer, animer et mettre en œuvre les services à domicile, en lien étroit avec les principaux financeurs que sont le conseil général du Pas-de-Calais et l’Agence régionale de santé (ARS). Francis Hennebelle insiste également sur l’image du « triangle d’or », fondements sur lesquels repose l’ADMR : le client, le salarié et le bénévole « véritable militant qui fait vivre chaque association locale ». Très dynamiques, ces associations locales n’hésitent pas à s’engager dans des certifications, dans une démarche qualité, dans les formations.
2012 est donc l’année d’un nouveau départ pour l’ADMR avec plusieurs chantiers importants : la télégestion par téléphonie mobile expérimentée par trois associations locales, la mise en place de la nouvelle convention collective, le développement de SSIAD doté d’une équipe spécialisée pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à Locon et Écoust-Saint-Mein (le SSIAD de Saint-Pol-sur-Ternoise a déjà cette équipe), l’extension du SSIAD du canton de Vimy à 65 lits, la création d’un SSIAD à Nielles-lès-Bléquin, sans oublier un « gros morceau » : le CPOM ou contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens signé pour une durée de cinq ans avec le conseil général du Pas-de-Calais. « Un véritable partenariat, précisent Katy Fuentes et Francis Hennebelle. Le but, à travers encore plus de mutualisation des moyens et notre modernisation, est d’optimiser notre fonctionnement et de tendre vers un tarif unique départemental pour les prestations financées par le Département ». ADMR ? Plus rien à voir avec l’aide aux mémères ! La bonne adresse pour mener une vie pépère, à domicile, en famille…
Les associations locales sont les « bras armés » de l’ADMR ; « chaque association locale est juridiquement indépendante et dispose de toute la liberté de gestion » insiste Noël Fruchart, président de l’ADMR de Vieille-Chapelle, association qui a fêté dignement son 65e anniversaire en conviant plus de deux cents salariés et six cents clients à un spectacle organisé le 3 mars avec au programme du patois (Bertrand Cocq) et de l’opérette (Jean-Marie Truffier, Nathalie Rosen et Mathilde Jacob).
Dans le Bas-Pays de Béthune, le pays de l’Allœu, l’ADMR est donc solidement implantée, héritière des associations familiales rurales nées dans les années cinquante, comme celle de Locon qui avait déposé ses statuts à la sous-préfecture de Béthune le 3 mars 1947. « L’entraide était un élément normal de la vie locale, raconte N. Fruchart. Les hommes et les femmes qui avaient milité dans les mouvements de jeunesse catholique, participé à l’organisation des fêtes, savaient faire et voulaient améliorer la qualité de vie au village. » De la famille aux personnes âgées, l’association familiale rurale est devenue association d’aide à domicile en milieu rural. Ces associations se sont regroupées, intercommunalite oblige et bénévolat toujours aussi intensif. Les services se sont structurés, professionnalisés dans les années 90 à la demande des financeurs… Puis ils se sont diversifiés. Aujourd’hui, l’ADMR de Vieille-Chapelle est orientée vers les services à la personne, tandis que l’EFAM du Béthunois se tourne vers les enfants, assure des travaux de jardinage, de bricolage ; effectue le portage de repas, etc. Plus de 145 000 heures effectuées en 2011.
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