
Jour J-2. Après-demain commence le 9e festival international du film d’Arras. Dix jours bénis pour les curieux de films de grande qualité. Car mettre les pieds dans une des salles du festival c’est être assuré de découvrir le meilleur du cinéma d’aujourd’hui. C’est « L’Autre cinéma » qu’a sélectionné la talentueuse et courageuse équipe de Plan Séquence, organisatrice de l’événement. Un cinéma différent qui propose des films à la fois d’auteur et grand public. Chaque année, un géant vient parrainer le festival. John Boorman, le père de La Forêt d’Émeraude, Rangoon, Hope and Glory, viendra trois jours fouler le sol d’Arras et donner une de ces extraordinaires « Leçon de cinéma » dont le festival a le secret.
Dix jours, quatre-vingts films, cent soixante-quinze projections, des dizaines d’invités, à commencer par Vincent Lindon lors de la soirée d’ouverture au cours de laquelle sera projeté Pour elle de Fred Cavayé. Pas moins. Les amateurs de cinéma (et ceux qui le deviendront) tremblent de désir. Professionnels prestigieux et jeunes talents sont attendus dans les salles de l’excellent Cinémovida, sur la Grand-Place d’Arras. Pour éviter les frustrations, notamment chez les festivaliers qui viennent de plus en plus loin, des films seront présentés au Casino.
Dans la lignée des opus précédents, le festival propose un panorama de l'actualité du cinéma mondial à travers une sélection d'avant-premières. Les spectateurs verront ainsi les nouveaux films de François Dupeyron, James Gray, Nuri Bilge Ceylan, des thrillers très attendus (Secret Défense, Pride and Glory), The Duchess avec Keira Knightley, Caos Calmo, Il Divo, Hunger la caméra d’or de Cannes, J’irai dormir à Hollywood d’Antoine de Maximy, Moscow Belgium, 9mm, Noise, Sur ta joue ennemie… et pour la clôture, le 16 novembre, le détonnant Louise Michel des compères Benoît Delépine et Gustave Kerven. À ne rater sous aucun prétexte, ils seront sur scène.

Des films qui ont des choses à dire
On le sait, le festival international du film d’Arras s’est spécialisé dans les films européens, et particulièrement ceux qui n’ont pas toujours trouvé de diffuseur en France. Quinze longs-métrages inédits et remarquables seront donc présentés. Une part belle est réservée au cinéma des pays de l'Europe de l'Est. « Les films sélectionnés ne sont pas toujours gais, reconnaît Éric Miot, délégué général de l’association, mais ils sont beaux et ils ont beaucoup de choses à dire ! ». Les longs métrages sont issus Bosnie-Herzégonive (It’s hard to be nice), Bulgarie (Seamstresses), Croatie (I have to sleep my angel), Hongrie (Konyec), Pologne (Tout ira bien, Place Saint Sauveur, Time to die), République Tchèque (Vaclav), Serbie (Love and other crimes). À voir également des films provenant d’Allemagne (L’étranger en moi), de Belgique (Où est la main de l’homme sans tête ?), d’Espagne (Lo Mejor de mi), de Grande-Bretagne (Ruby Blue), d'Italie (Fuori dalle corde) et de Grèce (Correction). « On commence à avoir des liens forts avec les vendeurs de films internationaux, explique Éric Miot. » L’équipe, qui passe de longs mois à visionner ces inédits, est chaque année toujours plus récompensée : les réalisateurs, producteurs, comédiens venus de toute l’Europe sont de plus en plus nombreux. Le petit poucet grandit, grandit, grandit…
Panoplie de thématiques
Plan-séquence a opéré une sélection d'inédits et d'avant-premières « pour découvrir d'autres cultures et approcher les grands problèmes de notre monde », ce sont les mots d’Éric Miot. Au programme des films venus d’Argentine (Leonera), de Chine (Knitting), du Mexique (Cochochi) et de Turquie (My Marlon and Brando). Cette section présentera également Le Chant des mariées de Karin Albou, le tout nouveau film d’Amos Kollek (Restless) et s’attardera sur le cinéma d’animation avec un petit bijou, $9.99 et Des Idiots et des anges de Bill Plympton.
Difficile de tout citer, d’autant que les thématiques abordées sont multiples. Le 90e anniversaire de l’Armistice a beaucoup inspiré les sélectionneurs qui proposent un éventail sensible de films qui traitent de la Grande Guerre. Le festival des enfants prend de plus en plus d’importance : tous les films de fin d’année sont projetés ici en avant-première, tandis qu’un ciné-ado présentera un long-métrage allemand particulièrement décoiffant : Kroko.
La présence précieuse de John Boorman, a évidemment dirigé les choix des programmateurs. Le réalisateur a réalisé en quarante ans une quinzaine de films. Ils seront tous projetés à Arras, y compris ses deux derniers films inédit en France. Une véritable chance ! Son Excalibur a été déclencheur de la thématique « Heroic Fantasy » des années 80, au cours de laquelle les amateurs de monde médiéval, de légendes, de magie et d’étranges créatures verront une très belle sélection de films majeurs. A vos rêves et à vos tickets d’entrée.
Tarifs
Carte permanente nominative (catalogue offert) * : 60 €
Abonnement 10 films : 40 € / Abonnement 5 films : 25 €
Abonnement famille 6 films : 30 €
Tarif Plein : 6 € / Tarif Réduit ** : 5 € / Groupes scolaires : 3 €
Soirée d’ouverture (hors-abonnement) tarif unique : 7 €
Catalogue : 8 €
* photo obligatoire
** moins de 18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi, adhérents Plan-Séquence, Di Dou Da, Quai de la Batterie, Amis de l’Institut Culturel Italien, Université pour tous de l’Artois, Abonnés Théâtre d’Arras sur présentation d’un justificatif.
Marie-Pierre Griffon
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