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| D. Dupilet et R. Churchill attentifs aux propos de M. Verdure. |
Ses cigares, ses chapeaux, ses casquettes de marin ou d’aviateur, le « V » de la victoire… Winston Churchill fut une grande figure du vingtième siècle. « L’homme du XXe siècle, avec Clemenceau », affirmait vendredi soir – 9 juillet 2010 - Dominique Dupilet, le président du conseil général du Pas-de-Calais, en inaugurant au château d’Hardelot – Centre culturel de l’Entente cordiale - l’exposition Churchill et la France, en compagnie du préfet Pierre de Bousquet et de Randolph Leonard Spencer Churchill, l’arrière-petit-fils du leader charismatique.
Clemenceau est devenu « le Tigre » pour la postérité, Churchill restera « le Bouledogue » ! Un personnage aux multiples facettes : un visionnaire politique (il avait annoncé dès 1953 la fin du bloc communiste), un grand écrivain (prix Nobel de littérature en 1953), un grand peintre, un grand amoureux des citations, « short words » et autres aphorismes, un grand romantique, un grand francophile ! « Un amour de la France », a rappelé D. Dupilet. Une France qu’il a rassurée en 1940 ; une France qu’il a peinte, de Mimizan au Cap d’Ail ; une France qu’il a ramenée dans le concert des grandes nations après la capitulation allemande… La France du général de Gaulle. Churchill et de Gaulle, vaste sujet… Des rapports souvent difficiles mais beaucoup de considération. L’une des huit icônes visuelles – des photos grand format battant au vent - installées dans la cour du château représente les deux hommes et tout est dit. Churchill regarde droit devant lui et de Gaulle regarde Churchill. Toujours droit devant, ainsi se comportait Churchill, le lutteur. Homme d’état, maître de guerre, épicurien.
Un homme libre
À l’intérieur du château, lettres, articles, discours, photos, caricatures, provenant du Churchill Archives Centre de l’université de Cambridge ou de l’Imperial War Museum permettent de retrouver le Churchill de la guerre des Boers, le Churchill de la Grande Guerre à Ploegsteert ou à Camblain-Châtelain, le Churchill très médiatique, le Churchill plus intime avec Clementine. Le Churchill qui eut droit à des obsèques nationales, habituellement réservées aux membres de la famille royale, en 1965. Guidés par les commissaires de l’exposition Yves Le Maner et Marc Verdure, les personnalités ont sans aucun doute compris que derrière les cigares, les chapeaux, le « V », le « Je n'ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur » se trouvait l’un des principaux acteurs de notre histoire contemporaine. « Sans vous, rien de ce qui a été fait n’aurait été fait », a déclaré Charles de Gaulle en évoquant Winston Churchill (phrase citée par le préfet Pierre de Bousquet).
L’arrière-petit-fils (il a 45 ans) tint pour sa part à souligner que l’exposition était « tellement importante pour les jeunes gens, pour réaffirmer les liens entre la France et la Grande-Bretagne » alors que nous venons de commémorer le 70e anniversaire de l’Appel du 18 Juin, le 70e anniversaire de « Mai 40 ». Randolph Spencer Churchill termina ses propos en insistant sur le Churchill épris de liberté : « Comme il aurait été heureux aujourd’hui de voir l’Europe de l’Est libre ! » Et Dominique Dupilet de marteler : « Comment aurions-nous pu passer cette année 2010 sans rendre hommage à Winston Churchill. »
Né le 30 novembre 1874, mort à l'âge de 91 ans, Churchill a été élu 16 fois député et a été battu 5 fois, dont trois fois de suite. Donné 4 ou 5 fois pour mort politiquement, il a été 14 fois ministre dont deux fois premier ministre.
Exposition Churchill et la France jusqu’au 23 septembre 2010 au château d’Hardelot.
Texte et photos : Christian Defrance
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