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| Quelques minutes avant le départ. |
Le Tour de France appartient à ceux qui se lèvent tôt. Et qui mesurent plus de 1,80 mètre ! Si ces deux conditions ne sont pas réunies, il faut savoir se contenter, au départ d’une étape, d’apercevoir les coureurs et de boire les paroles de Daniel Mangeas, le speaker officiel de l’épreuve… Il y a certes un brin d’exagération dans ces propos, mais force était de constater hier matin à Cambrai – d’où le peloton s’élançait pour la quatrième étape de la Grande Boucle – qu’il y a beaucoup de « barrières » entre les champions et les spectateurs.
La proximité n’est plus de mise dans le cyclisme professionnel. Dans la « capitale des bêtises » envahie par le soleil et par des dizaines de milliers de « Tourdefrancophiles », pas question de s’écarter du droit chemin. Pas de badge, pas de carton d’invité, c’est derrière les barrières en rangs serrés. Et gare à ceux qui se risquent à franchir la « frontière ». Bien sûr, il y a la nécessaire sécurité des coureurs et des spectateurs à assurer, mais faut-il en arriver à une telle distance ? Alors il ne reste plus qu’à jouer des coudes pour tenter de reconnaître… Gérard Holtz ou Jean-Marie Bigard ou encore Rama Yade ! Avec cette impression étrange que les journalistes, les invités du Tour, les anciens du Tour (Hinault, Thévenet, Duclos-Lassalle) sont plus attendus que les coureurs… Heureusement que l’inévitable Daniel Mangeas avait souligné la présence de John Gadret – l’homme du Nord – Pas-de-Calais dans le peloton – lors de la signature des coureurs sur le podium protocolaire. Donc, quelques minutes avant la libération du peloton prévue à 13 h 50, ça frotte dans le public, autant que lors d’une arrivée au sprint. De nombreux spectateurs étaient massés autour de la place Aristide-Briand depuis trois ou quatre heures ! Coups de soleil garantis pour ceux qui n’avaient pas récupéré la casquette Skoda… Ah oui, parlons deux secondes de la pub, omniprésente. Lors du passage de l’imposante caravane évidemment, avec ses jolies filles et ses véhicules délirants, mais aussi dans la course ! La réclame reste bel et bien le nerf du Tour.
Bon, ils vont partir… Coup de bol pour les chanceux qui sont tout près de l’arche marquant le kilomètre zéro, Gérard Holtz passe à l’action en interrogeant Bigard et Cancellara, le maillot jaune. Le champion suisse déconne avec l’humoriste, un peu d’humanité dans ce monde finalement trop policé. Trois, deux, un, ils sont lâchés. La foule s’égaille, les bus des équipes quittent la place et déjà on démonte le podium, le village du Tour. Impressionnant. Une heure plus tard, il ne reste que les papiers gras sur les pavés, les trottoirs. I have a dream. J’ai rêvé d’un Tour de France sans barrières, sans cartons d’invitation. Impossible me dit-on, les Français sont bien trop indisciplinés. Peut-être. Mais l’excès de discipline nuit gravement à l’image que nous gardons tous en mémoire d’un Tour de France qui était avant tout une grande fête populaire. Quand le nombre des vélos dépassait très largement celui des voitures ; et le nombre des coureurs celui des invités.
Texte et photos : Chr. Defrance
Avis des lecteurs :
jean-paul
08/07/2010 13:22:53
C'est toujours avec la même joie et le même plaisir que je lis tes articles. (je te tutoie !!!! en souvenir du Périgord). Le vélo c'est ton dada ! c'est clair. Je suis entièrement d'accord avec ton analyse objective sur ce qu'est devenu le tour. JPL.