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| Batteur, auteur et chanteur ! |
La quatrième soirée de « Faites de la Chanson » ce mercredi 23 juin 2010 - a été menée à la baguette ! Deux baguettes pour être plus précis… entre les mains d’un formidable batteur, qui ne se contente pas de taper d’ailleurs. Freddy Holleville chante et emmène Mémo – Sonia Rekis à l’accordéon, Yann Gérardin à la contrebasse et Éric Legrand à la guitare – à toute vitesse sur le chemin de son inspiration. Batteur, chanteur, auteur et même pas peur.
Grosse révélation pour la majorité des spectateurs réunis au Pharos, salle située dans les quartiers Ouest d’Arras. Mémo a du punch, ça secoue. Un melting-pot d’influences, quelque part entre Yves Jamait et Au P’tit Bonheur, du rock dans la musette, un bal populaire embringué dans une tournée des bars. Le genre de musique qui vous rend électrique et libère pieds et mains de la domination du cerveau. Avec quatre musiciens impeccables, habitués à tourner avec les Kent, Kino, Schotte, Lulu et compagnie. Étudions le cas Holleville. Pas facile d’amener une batterie sur le devant de la scène ! Il s’en sort à merveille, faisant friser sa petite barbichette. Pendant que ses membres inférieurs et supérieurs sont occupés, Freddy fait aller sa langue. Et quelle langue. Des chansons sauvages comme les buissons où se réfugient les moineaux, les mulots et tous les exclus de notre société. Freddy, avec un petit quelque chose de Mano Solo dans la voix, parle des migrants de Calais « dont la seule arme est de passer inaperçus », de la suffisance des riches, de la générosité des pauvres, d’un blaireau, d’une bonne cigarette, d’une bonne bière. Il peut passer d’une « polémique autour d’une serpillière » à un défilé de « cons promis ». L’amour aussi. Il a raison Mémo : « La chanson française n’est pas morte ». Et quand Mémo rend hommage à son tour à Jean Ferrat – comme toutes les têtes d’affiche du festival – c’est pour livrer une chanson de 1985 … complètement à la mode en 2010 : « La porte à droite ». « La porte du bonheur est une porte étroite. On m'affirme aujourd'hui que c'est la porte à droite. Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun d’oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un. Ils ont dit qu'il fallait se montrer réaliste, qu'il y avait du bon dans les journaux racistes, qu'il fallait nettoyer ce cher et vieux pays si l'on ne voulait pas qu'il devienne un gourbi. Dois-je vous l'avouer ces propos me renversent quand je vais boire un verre au café du commerce, parfois je crois revoir sur du papier jauni la photo de Pétain dans mon verre de Vichy. » Ferrat is not dead ! Tout comme Boris Vian dont « La java des bombes atomiques » colle pile-poil au profil de Mémo.
Gérontophile !
Au Pharos comme au théâtre, la première partie a été confiée aux chanteurs amateurs ! Un grand cru avec Denis reprenant « Le vieux » de Béranger, la jeune Violette poussant « Les caddies » de Gaëlle Vignaux, Jean-Jacques scandant « Vie Violence » de Nougaro, Christine qui « Ose » comme Noah, Jean-Michel consommant « La java sans modération » de Gilbert Laffaille, Monique qui a vu « La vie en rose » et Vincent se mettant brillamment dans la peau du « Gérontophile » de Bernard Joyet. Encore une bonne soirée et la lune qui a salué tous les « Didoudiens » quittant le Pharos, salle qui va connaître une cure de jouvence pour rouvrir en avril 2012. Au fait, c’est là qu’en 1972 – on l’appelait alors Maison des Jeunes – que Jean-Jacques d’Amore apprit à jouer au tarot. Mais pas la peine de savoir lire les tarots pour connaître le programme de ce jeudi 24 juin 2010. Attention c’est du lourd : Chanson Plus Bifluorée débarque au Casino d’Arras. Pour frapper à la porte de la parodie.
Rens. www.didouda.net
Texte et photos : Christian Defrance
Avis des lecteurs :
serge
25/06/2010 13:35:48
Pour ne rien cacher c'est une vrai claque en pleine tête que de découvrir MEMO sur scène. Une belle énergie, des textes bien écrits, un jeux de scène qui aident à la rencontre avec le public. Voir le public 2 fois se lever pour une ovation, qui à dit que la chanson est morte?