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| Julien Olivier en compagnie du producteur Julien Féret et du réalisateur Pierre Van Maël. |
L’auteur et réalisateur du documentaire « En attendant les péniches », Pierre Van Maël, est né à Bugnicourt au début des années 70. Il a passé toute son enfance dans le secteur de l’actuelle communauté de communes de Marquion. De ce territoire il connaît chaque recoin, chaque paysage. Et comme beaucoup de gens de sa génération, il a toujours entendu parler du fameux canal à grand gabarit Seine – Nord-Europe… sans jamais y croire vraiment. Et voilà qu’avec le Grenelle de l’Environnement les choses se sont accélérées il y a un peu plus d’un an. On est entré dans le concret. Les travaux de fouilles sont en cours. Le percement doit commencer en 2012. Que vont devenir les paysages ? Les habitants ? Les communes ?
Pierre Van Mael, qui vit dans la capitale sans pour autant se considérer comme parisien, est resté très attaché à la région où il a grandi. Il y revient souvent. « Le projet du canal m’a donc amené à vouloir garder en mémoire les paysages de mon enfance avant qu’ils ne soient bouleversés. Je souhaitais leur rendre hommage, constituer une sorte de musée ». Sa démarche l’a aussi conduit à s’intéresser aux enjeux que constitue l’arrivée du canal pour les villages et les habitants de la communauté de communes, tous plus ou moins concernés, eux qui se situent sur l’extrémité nord du tracé.
Le résultat, après plus d’une année de travail et de rencontres tient en un superbe documentaire, « En attendant les péniches », qui a été projeté en avant-première mercredi soir à la salle des fêtes de Marquion, devant tous ceux qui, peu ou prou, y ont participé, y compris les maires des villages dont le conseiller général Julien Olivier.
Cinquante-deux minutes pour vivre ou survivre
Dans ce film de 52 minutes, à la fois documentaire et un peu autobiographique par certains côtés, l’attachement du réalisateur à ce territoire méconnu « traversé par trois autoroutes, et le TGV mais où on s’arrête finalement très peu », éclate à travers des images inédites des quatre saisons et des commentaires personnalisés. On comprend tout de suite le sentiment partagé de Pierre Van Maël face à l’énorme chantier qui s’ouvre, ses craintes pour son coin de Sensée, ses espoirs aussi pour l’avenir économique du canton. Au fil des images, on découvre Vincent, l’agriculteur qui, au volant de son gros tracteur, s’inquiète des surfaces perdues pour la production, Mario l’éclusier et son frère Marian le marinier qui s’interrogent un peu sur l’utilité d’une telle infrastructure « alors que le transport fluvial, plus économique et plus écologique » peine parfois à trouver des chargements. Pascal, dont le café se situe à moins de 200 m du futur chantier, en attend beaucoup lui. Au point de penser à réaliser prochainement son rêve, c’est-à-dire ouvrir une brasserie. Quant au pépiniériste du coin, il a déjà annoncé qu’un remblai de près de 20 m de haute risque de bouleverser la qualité des terrains d’ici, « parmi les plus riches du pays pourtant ». Avec à la clé selon lui une hausse des prix qui ne permettra plus aux jeunes de s’installer.
Côté élus, les avis semblent mitigés même si chacun sait que le canal Seine – Nord-Europe est désormais sur la bonne voie, qu’il faut accompagner son arrivée. Mais de quelle manière ? En créant des zones d’activité, en misant sur le tourisme, en espérant un afflux de nouvelle population ?
En attendant le grand gabarit, les péniches poursuivent leur incessant ballet sur le canal du Nord, comme sur un long fleuve tranquille. Jusqu’en 2016, année prévue de la mise en service du Seine – Nord-Europe. Qu’en sera-t-il alors du paysage et des hommes ? C’est toute la question que pose Pierre Van Maël.
« En attendant les péniches », film réalisé par Pierre Van Maël, produit par Julien Féret avec le soutien du conseil général du Pas-de-Calais et de celui du Nord, de la communauté de commune de Marquion, du CRRAV (Centre régional de ressources audiovisuelles) et de nombreux partenaires.
Le canal Seine – Nord-Europe en chiffres
De Compiègne à Aubencheul-au-Bac (dans le Nord juste après Oisy-le-Verger), le canal s’étendra sur 106 km de longueur, 54 m en largeur et 4,5 m en profondeur, soit 53 millions de m3 de terre déplacés. Il comportera 7 écluses (chutes de 15 à 30 m), 3 ponts canaux (sur les autoroutes A29 et A26 et pour franchir la Somme), 2 ponts ferroviaires, 57 ponts routiers, 4 plates-formes d’activités dont celle de Cambrai-Marquion, 5 quais céréaliers, 2 quais de transbordement, 5 équipements pour la plaisance, 2 bassins réservoirs d’eau.
Pour en savoir plus : www.seine-nord-europe.com.
Texte et Photos : Bernard Queste
Avis des lecteurs :
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