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12/11/2011 22:26:23 - Affiché 7470 fois

Leçon d'actrice
Jacqueline Bisset "La Magnifique"

Dans "Le Magnifique"

Son professeur de latin lui disait : « vous parlez tellement que vous pourriez être une bonne actrice ! » Quand elle a rencontré Polanski à Londres, il s’est exclamé : « vous êtes tellement réservée que vous feriez une bonne actrice ! » Peut-être qu’entre ces deux appréciations se trouve la carrière de Jacqueline Bisset. Dans « Le Village » de l’Arras Film Festival, la grande dame s’est arrêtée sur son métier pour une « Leçon d’actrice ». Elle s’est posée près de deux heures face au public pour partager ses souvenirs.

Jacqueline Bisset débute le métier dans les années 60 après avoir quitté l’école, travaillé dans deux restos et fait quelques photos. À Londres, Roman Polanski la remarque et elle obtient un petit rôle. Très vite, elle se retrouve à Hollywood. « Je ne connaissais personne, j’avais peur et je voulais m’en tirer avec grâce et dignité. J’étais une bonne petite fille anglaise. J’étais si bien élevée, qu’on m’appelait Miss Butterfly. Je savais être très froide, cela m’a protégée et… ne m’a pas empêchée de faire carrière. »

« La lumière, c’est l’amour »
Avec le public du « Village », l’actrice a regardé quelques extraits des films qui ont marqué les esprits. Elle a longuement parlé de la lumière. « Pour moi, la lumière c’est l’amour. Elle permet de donner, on y est dans un état de grâce. On fait du cinéma pour se sentir transfiguré, compris. Les réalisateurs ne le comprennent pas toujours. Certains font un film comme s’ils allaient au garage…»
Elle s’est attardée aussi sur le découpage des scènes. « Je ne suis déçue par aucun de mes films, mais par certains découpages. Les acteurs ont envie de voir leur travail, or il est parfois coupé quand il y a beaucoup de monde sur le plateau. C’est un métier fait de frustrations. J’ai fait beaucoup de films et j’ai rarement vu mon travail à l’écran comme je l’ai joué, excepté peut-être dans « Au dessus du volcan ». »

Une carrière internationale
Elle a tourné aux côtés de Frank Sinatra, Dean Martin, Paul Newman, Albert Finney, Luigi Comencini, Jean-Louis Trintignant, Jean-Paul Belmondo, « c’est la personne qui savait faire le plus de choses en même temps, rit-elle. Il était très blagueur. On n’était jamais sûr de ce qui allait se passer ! It was lovely ! ». Elle a joué dans « La Nuit américaine » (1973) de François Truffaut, « Le Magnifique » (1973) de Philippe De Broca, et « La Cérémonie » (1995) de Claude Chabrol. « Le film « Les Grands fonds » (Peter Yates, 1977), m’a changée. J’ai tourné 5 mois. En plongée, j’ai failli mourir, à trente mètres sous l’eau. J’ai paniqué, je me noyais et le caméraman, devant moi, qui ne comprenait pas ce qui se passait, trouvait que je jouais très bien. Quand je suis remontée, j’ai dit « I can’t do anymore ». J’y suis retournée le soir même en pleine nuit, à trente mètres et dans une épave. Depuis, je n’ai plus jamais mis la tête sous l’eau ! »
Jacqueline Bisset n’a pas toujours tourné. Même si elle affirme qu’ « il faut savoir se faire rare et maintenir un peu de mystère », elle reconnaît qu’elle a eu « des moments sans travail, des moments difficiles. » « Le cinéma, pose-t-elle, est devenu une économie, c’est comme Disneyland. Mais il ne faut pas se plaindre, il faut être « greatfull ». Rester positive, suivre le cœur, rester en bonne santé et voir ce que la vie donne ! »

"Ce métier est gourmand"
L’actrice est heureuse de sa carrière. « J’aime ce métier différemment aujourd’hui, avec plus de tendresse envers les gens. Ce métier est généreux. Il a une apparence qui n’est pas la réalité. On parle de show-business mais c’est surtout du soul-business (l’âme). Ce métier est gourmand. Il faut donner et puis encore donner. Gratter plus fort et avec ça, il y a une certaine souffrance. Quand j’étais jeune, j’étais réservée mais j’avais beaucoup d’émotion. Maintenant, c’est comme si mon cœur était sensibilisé, je sens plus rapidement les racines de l’émotion et je peux la donner au public. »
Entre les États-Unis où habitent la plupart de ses amis et l’Europe, dont elle aime « l’intimité », son cœur balance désormais. Une chose est sûre, elle va tourner dans l’Angleterre qui l’a vue grandir, dans deux à trois semaines. "Je vais faire un film de 5 épisodes, sur le système de classes en 1930 en Angleterre. J’y joue une lady qui a perdu trois fils pendant la guerre. » Une lady réservée mais dont la passion pour l’art lui permet de toucher les gens. Drôlement emblématique, ce rôle !

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