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| Mme Lokaj n'exlut pas la possibilité de fermer l'un des deux IME qu'elle gère. |
La Vie active lance un appel au secours. L’association qui gère des établissements pour enfants, adolescents, adultes et personnes âgées handicapées dans tout le Pas-de-Calais (et parfois au-delà) est confrontée à de graves difficultés financières liées à l’application de règles définies par l’Agence régionale de santé.
L’ARS ne veut plus reprendre les déficits des établissements - «même s’ils sont justifiés par l’augmentation du coût de la vie» - et supprime «les crédits ponctuels qui permettaient de pallier les déficits structurels des budgets».
Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi matin à Béthune, les directeurs des différents établissements de l’Artois, et autres administrateurs de La Vie active, se sont montrés alarmistes quant à la situation actuelle. Ils ont besoin de personnels pour satisfaire les demandes d’accueil de plus en plus nombreuses… et pourtant la priorité n’est pas (n’est plus) là. «Nous n’avons plus les moyens financiers pour mettre en œuvre la mission confiée ; nous ne rendons plus le service attendu». Et de donner le chiffre de deux millions d’euros pour payer les factures de tous les établissements de La Vie active.
La situation est dramatique pour les IME (instituts médico éducatifs) dont le nombre pourrait être réduit. Mme Lokaj qui dirige les établissements de Nœux-les-Mines et Annezin, n’écarte d’ailleurs plus la possibilité de fermer un des deux établissements.
Pour les Esat, établissements d’aide et service par le travail (ex CAT), la situation n’est pas bien meilleure. Pour équilibrer les budgets, il faudrait que les activités soient économiquement rentables et qu’une sélection soit instaurée à l’entrée pour ne retenir que les meilleures candidats… C’est contraire à l’esprit du travail protégé. Quant aux personnes âgées dépendantes, il y a là encore beaucoup à redire, dans la mesure où les pensionnaires sont amenés à supporter financièrement une partie des soins qui leur sont prodigués, ceux apportés par des auxiliaires de vie faisant le travail des aides soignants dont les postes devraient être financés par l’Etat.
Pour les administrateurs de La Vie active, c’est un sentiment d’injustice qui domine. L’engagement des pionniers de l’association qui a permis d’abaisser les prix de journée, se retourne aujourd’hui contre les handicapés… Les dotations d’Etat attribuées en fonction des budgets présentés, ont certes été revalorisées mais les taux appliqués sont restés identiques pour tous les organismes gestionnaires. Or 2 % d’augmentation sur 100 € ce n’est pas la même chose que de 2 % sur 1000 €. L’Agence régionale de santé le sait… C’est pour ça qu’elle couvrait les déficits. En changeant la donne, elle met en péril l’action de La Vie active… Après avoir fait des économies partout où elle pouvait, elle bouche les trous financiers des établissements qu’elle gère, sur ses fonds propres… mais ça ne peut pas durer. Un recours a été déposé devant les tribunaux.
Philippe Vincent-Chaissac
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