![]() |
| Photo : Sébastien Pouilly |
Wido vient du mot anglais widow, veuf. To be widow, devenir veuf. « C’est le moment où l’on se sent le plus seul, sourit Nico - Nicolas Ksiazek -, mais c’est aussi celui où l’on est le plus entouré ». Le géniteur du groupe, auteur, compositeur, guitariste et chanteur, a bâti ses textes sur ce jeu de contradictions, d’oppositions. L’homme aime les double sens, sans doute parce que rien n’est vraiment simple et que derrière le blanc, se cache le gris.
L’univers du groupe est ainsi. Mélancolique, mais pas dépressif. Noir, mais jamais obscur. Et lorsque la mort se glisse dans une chanson, c’est parce qu’elle fait partie de la vie. Il est question ailleurs d’euthanasie, d’acceptation de soi, du regard des autres… Des textes d’une grande maturité, d’une grande sagesse dans un rock sexy et séduisant, à la fois gothique, classique et progressif.
Nico a grandi dans un univers de musiciens et a été bercé par les groupes mythiques, américains et britanniques. Forcément, quand on lui a suggéré de se consacrer au sport, il a répondu musique. Grattouillage de guitare, quelques leçons collectives, premières compositions… « et puis est arrivé Hubert qui m’a dit : je vais mettre un peu de basse sur tes compos ! » Le concept Wido était né, le line-up allait se constituer. « Depuis quatre ans le groupe est stable, et notre musique, nos morceaux ne cessent d’évoluer ». Avec Hubert Planque, Wesley Lelong, Mathieu Wambre, Nico répète à l’Escapade d’Hénin-Beaumont une ou deux fois par semaine. Sur scène, la formation y a offert il y a quelques mois « une date mémorable », qui a donné lieu à une captation live audiovisuelle. Un DVD est en cours. « Nous avons trouvé à l’Escapade un accueil et un professionnalisme rares. Le lieu n’a rien à envier aux scènes de la métropole…. On peut faire de très bonnes choses à Hénin-Beaumont ! On n’a pas honte de dire qu’on vient de là, qu’on est un groupe régional… »
Esthétique et sensible
Écouter un morceau de Wido, c’est penser à… À quoi déjà ? Nico rit. Les influences du groupe varient du classique au rock bourrin… « Il y a quinze ans entre le plus jeune des membres et le plus vieux. Nous venons forcément d’univers différents… pose le guitariste. Je crée une ossature, ensuite, chacun la nourrit. On finalise les compositions ensemble. » Wido crée un univers sonore troublant, un esthétisme qui lui est propre. Le son est constamment en recherche d’amélioration, l’ombre et la lumière en quête de perfection. Le clip réalisé au 9-9bis d’Oignies palpite. Nico y chante « Easy ». Un poème sensible qui évoque la disparition des proches… « C’est quand ils ne sont plus là qu’on se rend compte qu’on ne leur a pas dit l’essentiel ! » Wido chante en anglais « l’émotion et le sentiment ». Pas besoin de comprendre le british pour être troublé, saisi, animé. Quand le groupe est en première partie d’un concert, il s’attache à « gagner » les gens, voire à les faire chanter. Une fois, une dame âgée a dit aux musiciens : « je n’ai rien compris aux paroles mais j’ai été bouleversée ! »
« Mon but, martèle Nico, est de satisfaire mon public, de lui proposer de nouvelles choses. » Le but du guitariste et du groupe est aussi d’enregistrer un album. « Mais quand on veut un bon CD, ça coûte cher. Aujourd’hui, faire de la musique, c’est du bénévolat ! »
www.myspace.com/widoband
Wido sera dans le hall de l’Escapade d’Hénin-Beaumont, le samedi 13 mars à 19 h 15. Set acoustique. Gratuit.
URL courte : www.echo62.com/actu2656
