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| Cap sur les jeunes en 2012 ! |
Courage, nom masculin qui a largement dominé le débat d’orientations budgétaires qui se tenait hier – lundi 9 janvier 2012 – au conseil général du Pas-de-Calais. Et ce n’est pas du côté de La Grande Sophie (la chanteuse qui interprétait justement « Du courage ») que le président Dominique Dupilet est allé chercher l’inspiration pour indiquer à ses collègues « le chemin à suivre quand tout s’effondre ».
D. Dupilet a d’abord retrouvé la morale d’une fable méconnue de La Fontaine, Le lion et le chasseur : « La vraie épreuve du courage N’est que dans le danger que l’on touche du doigt, Tel le cherchait dit-il, qui, changeant de langage, S’enfuit aussitôt qu’il le voit. » Puis il évoqua le célèbre discours d’Albi de Jean Jaurès : « Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre. Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »
Mais que venait faire le courage dans l’hémicycle départemental à l’heure de débattre de la stratégie financière pluriannuelle en amont de l’adoption d’un budget de plus d’un milliard et demi d’euros ? Il s’agissait pour le président Dupilet et la majorité socialiste du conseil général d’expliquer les choix, les directions, les priorités… Tous placés sous le sceau du courage dans un contexte flou, difficile voire très défavorable (la crise, le gel des dotations de l’État, une fiscalité dont le Département ne maîtrise plus le produit, etc.). « Courage de la sincérité, a martelé D. Dupilet, en donnant à voir un budget totalement honnête, fondé sur des bases de calcul transparentes, fiables, mesurées, prudentes. Courage de la constance : celui d’avoir refusé les prêts audacieux de certaines banques. Courage de la morale, courage intellectuel, courage collectif qui devra nous permettre de mener des projets au service de nos concitoyens. »
90 % de dépenses obligatoires
Première preuve de courage, le Département souhaite dans son budget primitif 2012 maintenir son niveau d’investissement et ce n’est pas « la voie la plus commode ». « Maintenir les investissements là où se trouvent les besoins, notamment pour soutenir l’activité locale » a renchéri Laurent Duporge, rapporteur général du budget. Seconde preuve de courage : s’engager à être plus performant et conserver les politiques volontaristes. En 2012, le conseil général veut mettre en place une « GPS administration », plateforme téléphonique facilitatrice des relations entre les citoyens et le service public ; il veut aussi faire confiance aux jeunes et les aider dans leurs idées, leurs rêves. Le vice-président Olivier Majewicz a cité, entre autres, une bourse aux initiatives, un portail numérique d’information, la création de trois maisons des ados…
Très concrètement, dans son nouveau modèle budgétaire, le Département s’engage en premier lieu à assurer le financement de ses dépenses obligatoires – et vitales pour de nombreux habitants du Pas-de-Calais : « 81 % de notre budget sont consacrés à des dépenses sociales et à la masse salariale de nos agent » a rappelé L. Duporge. On arrive à plus de 90 % si l’on ajoute le fonctionnement des collèges, le transport des collégiens, la voirie, les pompiers. Des dépenses en constante augmentation depuis dix ans ; la charge nette pour le Département ayant explosé « en raison des transferts de compétence de 2004 par l’État qui ne se sont pas accompagnées du transfert des ressources équivalentes : 1,1 milliard d’euros » selon Laurent Duporge.
L’investissement sera préservé en ayant recours à l’emprunt, « mobilisé en période de faibles ressources et remboursé en période de ressources plus dynamiques ». Autre engagement de taille pour le conseil général : « contenir ses charges courantes en dessous du seuil bas d’évolution de ses recettes ». Recettes d’ailleurs affectées en 2012 par « des décisions soudaines et brutales du Gouvernement qui concernent spécifiquement le Pas-de-Calais : compensation du RSA, fonds de mobilisation pour l’insertion… soit 20 millions d’euros en moins ! »
« La voie est étroite » constatait Daniel Maciejasz, président de la commission chargée de la gestion et de la prospective financière, mais le conseil général avance courageusement derrière Dominique Dupilet. Le président a le soutien des groupes socialiste et communiste (ce dernier souhaitant toutefois une revalorisation de l’aide aux associations culturelles). Le groupe d’opposition (Union@ction62) quant à lui continue de réclamer des « économies de gestion et le vote du budget par chapitre ».
Jaurès, La Fontaine, Mendès-France, Jules Romains, l'abbé Pierre : les citations ont volé haut lors de ce débat d’orientations budgétaires ! Il manquait une petite note plus rock qu’auraient pu apporter La Grande Sophie donc ou encore Dominique A : « Si seulement nous avions le courage des oiseaux qui chantent dans le vent glacé ».
Le budget primitif 2012 du Département sera examiné le 20 février 2012.
2012 en 12 points avec le conseil général du Pas-de-Calais :
Texte : Christian Defrance / Photo : Jérôme Pouille
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