
Un peu plus d’un milliard et demi d’euros, le budget primitif 2009 du conseil général a été adopté à la quasi-unanimité ce mardi, peu après midi, à l’hôtel du Département, dans un contexte économique et social difficile, on le sait, mais également dans l’attente du rapport de la commission Balladur, objet de bien des spéculations, notamment en ce qui concerne l’avenir des départements.
Le budget 2009, en hausse de 4,8 % par rapport à l’exercice 2008 se veut être un acte politique fort, une réponse à ceux qui désormais s’opposent. D’un côté, les acteurs de la vie locale, élus, responsables associatifs témoignent de besoins sociaux, économiques ou environnementaux. De l’autre côté, un pouvoir en place qui « cherche par tous les moyens à nous nuire », dixit Alain Lefebvre, président du groupe socialiste, peu avant le vote, fustigeant cette situation de brouillard économique, institutionnel et politique, dénonçant l’inquiétude des salariés, des étudiants, des écoles, des hospitaliers, la colère de la Guadeloupe et de la Martinique.
L’État se retrouve au centre des débats avec « Nicolas Sarkozy en invité d’honneur », pour reprendre les mots du conseiller général. Sa contribution augmente de moins de 1 %, sa dette envers le seul département du Pas-de-Calais se chiffre à 150 millions au titre du transfert de compétences pour l’année 2008… Le département continuera tout de même à investir, une politique qui comme l’a rappelé Dominique Watrin, au nom du groupe communiste, « procure 3 000 emplois aux habitants du Pas-de-Calais ». Le budget présente donc, hors remboursement de la dette, un niveau d’investissement sensiblement équivalent à 2008 (226 millions). Un maintien qui s’accompagne d’un recours à l’emprunt limité et d’un accroissement de la pression fiscale, mais de façon différenciée. Elle se traduit par une hausse de la taxe professionnelle de 6,09 % et une augmentation des taxes foncières et d’habitation de 4,8 %.
Le vote du budget primitif se sera déroulé dans un climat plombé par nombre d’incertitudes à commencer par la mission prochaine du Département. Le président Dominique Dupilet craint la suppression de la clause générale de compétence, celle qui permet à la collectivité d’intervenir dans tout domaine sur la base d’un intérêt public local, ce qui supprimerait des pans entiers d’actions du département, le sport et la culture notamment, mais pas seulement. Difficile dans ces conditions de rester la collectivité vers laquelle se tourne les maires, les présidents des établissements publics de coopération intercommunale et les associations… Michel Petit et son groupe Union @ction 62, seuls abstentionnistes certifient que « le département sera présent demain, avec un vrai pouvoir », oui mais dans quelles conditions ?
En préambule du vote, les conseillers généraux ont examiné le programme d’actions 2009 de l’Agenda 21. Neuf nouvelles propositions ont été examinées avec notamment la création d’une charte environnementale pour les manifestations sportives subventionnées, la réalisation de la seconde phase de l’opération « Grand site des Deux-Caps » ou encore la plantation des délaissés et abords de route.
En parallèle au développement durable, le conseil général s’investit dans d’autres projets d’envergure : l’aménagement autour du Louvre-Lens en s’associant à la démarche d’Euralens, le projet mis en place autour des prochains jeux olympiques de Londres et enfin, un schéma départemental en faveur des personnes âgées pour 2008-2012. Là encore, l’investissement pourrait être de taille pour accompagner les quelques 280 500 personnes âgées de plus de 60 ans vivant dans notre département. Le schéma est évalué à 25,6 millions d’euros dont 90 % consacrés à la création de places en établissements médicalisés et à l’amélioration de la qualité en EHPAD.
Notre photo : À l'ordre du jour, peu avant le vote du budget, l'Agenda 21 et le "Grand site des Deux-Caps".
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