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| Marc Brincourt a commenté les 60 photos. |
Son arrière-grand-père, le futur roi Édouard VII, « venait souvent dans cette maison pour y passer des week-ends, quand il était encore le Prince de Galles » raconte Dominique Dupilet, le président du conseil général du Pas-de-Calais. Cette maison, le château d’Hardelot, est devenue le Centre culturel de l’Entente Cordiale (dont Édouard VII fut le véritable « père ») où l’arrière-petite-fille, Elisabeth II trône du 22 décembre 2012 au premier avril 2013. Soixante photos de la sixième reine d’Angleterre trônent sur les murs du Centre culturel, illustrant à merveille soixante ans de règne.
Cette très belle exposition baptisée Sweet sixty est un événement du château d’Hardelot et du conseil général du Pas-de-Calais en partenariat avec le Groupe Lagardère et… Paris-Match. Les 60 photos sont issues en effet des archives du célèbre hebdomadaire. « Nous sortons les trésors. Nous avons quinze millions de documents qui dorment depuis soixante ans (Paris-Match est né en 1949) » confiait Marc Brincourt, rédacteur en chef adjoint du service photo de Match lors du vernissage de Sweet sixty, le 20 décembre 2012. « L’histoire d’Elisabeth II est liée à celle de Match et sa visite en France en 1957 a donné lieu au plus gros tirage et à 2,3 millions d’exemplaires vendus ! » Il faut dire que depuis son couronnement le 2 juin 1953, la reine d’Angleterre exerce une véritable fascination sur les Français, toutes catégories sociales confondues. « Avant l’avènement de la télé, rappelait D. Dupilet, Paris-Match, le poids des mots le choc des photos, nous donnait des nouvelles du monde et ma grand-mère ne l’achetait que pour la famille royale d’Angleterre. »

La Reine sous tous les angles
Le château d’Hardelot était donc le « meilleur endroit » pour livrer au grand public ce best of des photos de Paris-Match. Cinq salles et cinq thèmes pour aller à la rencontre de « The Queen » et de son éternel, inamovible, peut-être énigmatique, sourire. La salle 1 aborde le Couronnement à Westminster – et des documents des Archives municipales de Boulogne-sur-Mer reviennent sur le grand bal de l’Entente Cordiale organisé le 6 juin 1953 dans les salons de l’hôtel de ville boulonnais avec la musique du 43e de Lille. La salle 2 est consacrée à l’héritage et l’apparat de la monarchie. Des photos splendides, prises par les fines « gâchettes » de Match et sélectionnées par Marc Brincourt himself. La salle 3 mêle vie publique et vie privée de la reine, on y voit une grande complicité avec son mari le Prince Phillip ; on y retrouve Diana et la magnifique couverture de Match lors du décès de la princesse de Galles en 1997. On découvre aussi la reine dans son lit ! « Un jour à Buckingham, quelqu’un a déjoué la surveillance des gardes avant d’entrer dans la chambre de la reine et de prendre cette photo. Elle ne semble pas surprise. Elle est toujours à l’aise partout » a commenté M. Brincourt (visiblement aussi « Elisabethien » que Stéphane Bern…).
Dans le hall du château, des portraits non officiels d’Elisabeth : on la voit même de dos, ou avec un appareil photo. « Elle a tout le temps un appareil sur elle. Nous rêvons de récupérer un jour tous ses clichés ! » La salle 5, la plus grande du Centre culturel, offre aux visiteurs un aperçu des voyages de la reine à travers le monde… et en France. Il y a le premier voyage officiel en 1957, une réception à Windsor avec Jacques Chirac, l’inauguration du Tunnel sous la Manche avec François Mitterrand : un « grand souvenir pour Dominique Dupilet. Regardez cette photo, j’étais là-bas derrière avec Roland Huguet. » Jamais avare d’anecdotes, Marc Brincourt a précisé qu’avant l’apparition des « gros objectifs », c’était un vrai challenge de faire des photos de la reine : « Il fallait être au plus près d’elle et les photographes ont tous connu d’incroyables mésaventures qui remplirait aisément un livre. » 
Une très belle exposition qui titille ce petit béguin que nous avons encore pour les rois et les reines. Une exposition « très bien mise en place, très bien éclairée » a souligné Marc Brincourt qui ne manquera pas de vanter les mérites du château d’Hardelot à Paris. D’ailleurs le Centre culturel de l’Entente Cordiale et l’exposition Sweet sixty feront l’objet d’un supplément de quatre pages dans Paris-Match, en janvier… God save the Queen et le Pas-de-Calais.
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